Festival International de la BD d’Angoulême ? Ce que l’Association du FIBD a décidé

Par Didier PASAMONIK 22 mai 2025 
C’en était trop. Devant le risque de voir un contrat reconduit tacitement pour dix ans, après vingt ans de règne de 9eArt+, le prestataire de l’Association du Festival de la BD d’Angoulême (FIBD), et devant la prétention de Franck Bondoux, son délégué général, de créer une nouvelle entreprise dont il serait l’actionnaire et le seul opérateur, les auteurs, les éditeurs et les financeurs publics de cet événement dont le budget serait pas loin de 6 millions d’euros, s’étaient montrés menaçants. Cela a poussé l’Association du FIBD à dénoncer le contrat et à accepter en Assemblée Générale le principe d’un appel d’offre. Mais rien n’est fait. La vigilance est de mise.

D’abord parce qu’on l’avait vu il y a dix ans lorsque le contrat, en raison d’un vice de procédure -oups !- avait été reconduit tacitement pour une nouvelle décennie ; le mandat s’achevant dans deux ans, une dénonciation cette année était nécessaire. D’autant que les auteurs appelaient au boycott (plus de 2000 signatures), les éditeurs et certains grands financeurs publics accompagnant la démarche, principalement en raison des dernières polémiques suscitées par une enquête de l’Humanité qui avait fait scandale.

Festival International de la BD d'Angoulême ? Ce que l'Association du FIBD a décidé
Les auteurs, les éditeurs et les collectivités menacent...

La nervosité est palpable chez 9eArt+ qui s’est séparé de sa précédente directrice artistique, Marguerite Demoëte (en procédure de licenciement), Clémentine Hustin lui succédant. Car l’échéance est dans deux ans : « L’Association du FIBD propriétaire du Festival international de la bande dessinée d’Angoulême, écrit celle-ci dans un communiqué du 16 mai 2025, a pris la décision de réaliser une consultation pour l’organisation de son événement à compter de l’édition 2028 de celui-ci. Cette démarche va être conduite dans les meilleurs délais et sur la base d’un calendrier qu’elle veut court afin d’assurer la meilleure stabilité possible au Festival. » Les termes de cette consultation seront prochainement rendus publics nous dit-on.

Une « consultation » n’est pas un appel d’offre qui revêt un certain nombre de conditions légales. En général, en France, les appels d’offres publics ont un délai minimal de 30 à 35 jours pour pouvoir répondre. Un délai de 10 jours précédant toute signature s’ajoute pour permettre d’éventuels recours. Mais l’Association n’a en principe pas à s’y tenir, sauf si les fonds publics dépassent les 50% du budget, ce qui n’est pas porté à la connaissance du public pour l’heure. Mais ceux-ci seraient quand même, selon l’enquête de L’Humanité à l’origine des polémiques, pas loin de 3 millions d’euros, ce qui impliquerait une certaine discipline, quand même. Ainsi, si le délai « court » intervenait en plein été par exemple, peu de gens pourraient y répondre sérieusement.

Un budget qui serait de l’ordre de 6 millions d’euros. Qui est intéressé de concurrencer 9eArt+ ?

Ce n’est pas peu dire que la plupart des observateurs ne sont pas exagérément optimistes. L’agrément devrait être donné, si l’on en croit le communiqué de l’Association, par « un jury composé de membres du collège des adhérents ». Or, comment une association de collectionneurs et de fans de BD peut-elle valablement opérer une analyse probante sur un événement qui requiert une telle technicité ? L’Association ne serait-elle pas avisée de créer un jury d’acteurs impliqués chaque année dans la réussite du FIBD : auteurs, éditeurs, mais aussi mairie, collectivités et instances publiques qui financent l’événement... dans une organisation parrainée par exemple par le ministère de la culture ? Si celle-ci ne veut pas connaître une nouvelle bronca, ce serait peut-être plus prudent.

La mairie jouera-t-elle un rôle ?

Par Didier PASAMONIK

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