Bon
4 juillet 2025
Le monde des ronds-points n’est pas très carré ; sur le plan géométrique, jusque-là, rien d’anormal, me direz-vous, mais quand les appels d’offres sont truqués et les factures impayées, on aurait comme une furieuse envie de donner quelques coups d’équerre à cet univers faussement policé, quitte à désarrondir les angles.
À l’agence Rotunda, tout le monde est ami, tout le monde est une famille, tout le monde s’aime. On fait la fête, on fait des câlins aux plantes de l’open space, et on met sous le tapis ce qui gêne. Du harcèlement, ici ? Non ! Des licenciements abusifs, ici ? Non !
Une ambiance nauséabonde s’installe peu à peu dans cette start-up, matérialisée par une mystérieuse odeur fétide qui attire les mouches.
Mais il y en aura toujours un pour ne rien sentir : Junior. À l’image de son nom, celui-ci vit dans l’ombre de son père, qui détient l’agence et auquel il n’ose rien refuser.
Le visage jaune, rond et souriant comme un emoji, Junior passe ses journées à bichonner les plantes qu’il achète compulsivement pour meubler ses locaux. Le reste du temps, il ne fait rien. Enfin, si, il dirige Rotunda. Ou du moins, il fait semblant.
Dans la lignée de Je suis charrette de Danicollaterale (Delcourt), Rotunda est une satire réjouissante du monde du design et de l’architecture.
L’illustratrice Candela Sierra déploie un graphisme pop et coloré qu’elle n’hésite pas à distordre pour souligner le caractère absurde de certaines situations. Si l’humour est parfois léger, l’album contient cependant de belles pépites, comme ce brainstorming abscons sur la symbolique d’un rond-point corrida. Olé !
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