Régis Loisel : « Nous avons été la première génération d’auteurs à affronter la critique » [PODCAST]

Par Didier PASAMONIK 17 décembre 2024 
Troisième volume de la nouvelle collection des Cahiers de la bande dessinée cornaquée par Christelle Pissavy-Yvernault chez Glénat, Dans l’ombre de Peter Pan est une réédition largement augmentée d’un livre d’entretiens réalisé avec Régis Loisel il y a quelques années. Entretemps, l’historienne du Journal de Spirou a pris du galon et rehaussé son ambition : celle de réaliser des entretiens « à la Numa Sadoul » qui deviennent des documents de référence pour tous les amateurs futurs de l’artiste. Ici, c’est l’auteur de Peter Pan et le dessinateur de La Quête de l’oiseau du temps qui passe sur la table du supplice. Nous lui avons demandé ce qu’il en a pensé.

Les études sur la bande dessinée sont passées de la biographie gentillette (Alain Saint-Ogan) et de l’hagiographie oublieuse (Pol Vandromme sur Hergé), aux entretiens fouillés, surtout depuis la version canonique des numéros spéciaux des Cahiers de la bande dessinée lancée par Jacques Glénat, Numa Sadoul ou encore François Rivière. Tout le fandom s’est engouffré dans cette brèche, déjà ouverte par le célèbre Comment on devient créateur de bande dessinée de Franquin, Jijé et Philippe Vandooren publié par Marabout en 1969, devenu le bréviaire de toute une génération.

Notamment celle de Régis Loisel qui arrive juste après cette génération de génies qui ont pour noms Hergé, Franquin, Goscinny, Uderzo, Peyo, Morris, Jean-Michel Charlier, Jijé, Jean Giraud, Jean-Claude Mézières… Leur parole a formaté la génération suivante mais pas seulement elle. Une génération de critiques a alors émergé : ceux déjà cités mais aussi une cohorte d’autres (Thierry Groensteen, Benoît Peeters, Pierre Sterckx, Thierry Smolderen…) qui ont fait que les œuvres nouvelles, les auteurs nouveaux surtout, étaient analysés, scrutés, pesés… à l’aune de ces grands anciens. Sans eux, Futuropolis, L’Association et bien d’autres éditeurs qui ont compté dans l’histoire de la BD contemporaine, sans eux les musées de la bande dessinée d’Angoulême et de Bruxelles, n’auraient sans doute pas existé. Ils ont durablement influencé la création de leur temps.

Loisel, dans l'ombre de Peter Pan NE

Interrogé par Christelle Pissavy-Yvernault sur son Peter Pan publié chez Glénat, il raconte dans ce podcast comment s’est élaborée cette « création sous surveillance » mais qui jouissait également d’une grande liberté, d’une latitude créative d’ « auteur » de la part d’un éditeur qui venait précisément de ce fandom éclairé. Comme celle d’associer, grâce à l’elficologue Pierre Dubois, Peter Pan et… Jack L’éventreur, qui seraient une seule et même personne !

C’est ce que révèle cet entretien avec Christelle Pissavy-Yvernaut qui va jusqu’au bout de l’interrogation sur l’œuvre. Régis Loisel raconte cette expérience dans ce podcast.

Par Didier PASAMONIK

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Code EAN : 9782344065525

Dans l’Ombre de Peter Pan - Entretiens avec Régis Loisel - Par Christelle Pissavy-Yvernault - Ed. Glénat

Peter Pan Glénat ✍ Régis Loisel ✏️ Régis Loisel Etude sur la BD France Bruxelles
 
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3 Messages :
  • Loisel a toujours été naturel ... au point de nous dire dans quelles "circonstances" il lit cette biographie ;-)

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    • Répondu le 17 décembre 2024 à  16:11 :

      On ne peut pas dire qu’on ait affaire à une critique bien active et virulente quand on fait de la BD. Rien à voir avec les cinéastes qui peuvent voir des années de travail démolies en deux phrases le mercredi matin et la carrière de leur film s’interrompre dès le mercredi soir… les auteurs BD gagnent très mal leur vie, mais ils sont plutôt à l’abri de cette brutalité-là et ont généralement droit à une critique assez bienveillante. Il faut dire que les grands medias chroniquent très peu la BD, et que les critiques BD eux-même sont souvent bénévoles ou très peu payés.

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      • Répondu le 18 décembre 2024 à  12:49 :

        En BD il s’agit rarement de "critiques", mais plus souvent de "chroniques", assez factuelles ( dans les revues spécialisées, les articles se concentrent généralement sur "ce que raconte" l’album, au détriment de la façon dont c’est fait ). Les critiques argumentées et construites restent discrètes, hélas.

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