Erreur d’exécution squelettes/sqtc/inc-head.html
Bof
28 octobre 2025
Tout commence avec Thania, une commerciale continuellement sur la route pour proposer des produits pharmaceutiques dans tous les États-Unis. Une vie qui pourrait être palpitante, mais qui l’ennuie profondément. Toujours le même train-train, des journées rythmées par les pilules qu’elle ingurgite et sa visite hebdomadaire à Rachel, une vieille dame sénile dans un home.
Tout bascule le jour où elle accepte d’embarquer Gregorian, un auto-stoppeur loin d’être blanc comme neige. Au contraire, on apprend assez rapidement qu’il n’était pas sur le bas-côté de la route empruntée par Thania sans raison : il doit la tuer ! Pourquoi ? Eric Corbeyran laisse le suspense planer pour titiller le chaland. Mais son scénario se traîne là où le lecteur attend de la vitesse, de la fougue… du mordant ! Pour ensuite expédier les scènes d’action à la vitesse de l’éclair.
Alex Shibao a beau avoir un certain talent graphique, proche du réalisme mâtiné de précision millimétrée dans les moindres détails : les planches se succèdent à une cadence presque aussi morne que l’existence de Thania, du moins en apparence, sans jamais varier de rythme. Même la rencontre avec des assassins de haute voltige, ni même des vampires aux dents acérées, ne fait pas varier le métronome d’un iota.
Ce qui aurait pu être un diptyque ambitieux, avec un concept intéressant à bien des égards, ne déchaînera pas les foules. Tout au plus ravira-t-il les amateurs de l’auteur et/ou du dessinateur. Les amoureux des vampires aussi sensuels que sanguinaires resteront, quant à eux, sur leur faim, n’ayant que de brefs aperçus de ce qui aurait pu être. Quelques scènes dénudées, une ou deux victimes dans chaque camp, assassinées à la vitesse de l’éclair, et des réponses trop vite apportées.
Une lecture qui peut faire passer le temps, certes, mais qui manque cruellement de ce qu’on attend d’un récit mêlant vampires et chasseurs. Le public attend d’être pris aux tripes, voire d’en découvrir quelques-unes sur les pages, mais Exsangue, un peu comme son nom l’indique, se veut dépourvu d’hémoglobine, ou juste ce qu’il faut pour permettre d’apprécier le travail de colorimétrie de Natália Marques, qui reste dans la monotonie de ce diptyque.
Par Marc VANDERMEER
Cet article reste la propriété de son auteur et ne peut être reproduit sans son autorisation.
Exsangue T.2. Scénario : Eric Corbeyran. Dessin : Alex Shibao. Editeur : Soleil. 72 pages. Sortie : le 1er octobre 2025. Prix : 16,50 euros.
– Lire la chronique Corbeyran : "La crainte de se répéter est toujours présente"
– Lire la chronique L’Exauceur, second roman de Corbeyran aux Editions Blueman
– Lire la chronique Paroles de sourds - par Corbeyran & Collectif - Delcourt
– Lire la chronique Speranza. D’Or et d’Ivoire – Par Éric Corbeyran, Achille Braquelaire & Salaheddine Bas - Ed. Philéas
– Lire la chronique Red Creek Shuffle, par Eric Corbeyran, Chico Pacheco et Cyril Saint-Blancat, Éd. L’aqueduc bleu