Mickey et le roi des pirates - Par Joris Chamblain & Dav - Ed. Glénat

Par Rémi BARNAULT Très bon 2 janvier 2026 
Yo Ho, MOUSEaillons ! La souris Mickey est de retour pour une aventure sensationnelle dans la prestigieuse collection des histoires originales Disney des éditions Glénat. Il s'agit du 20e album de la collection. Joris Chamblain et Dav se sont investis corps et âmes dans ce projet ambitieux, façonné sur plusieurs années.

Terre froide au vent des rues embrumées, autour des docks… c’est pour les vivants : voici le décor du Londres de 1850 ! Panique en ville, cet hiver-là : on a volé au richissime Balthazar Picsou son célèbre “sou-fétiche”. Ce dime, pièce de dix cents américaine qu’il reçut comme premier salaire, alors qu’il n’était qu’un jeune caneton de Glasgow, et qui devint le moteur de la locomotive de sa motivation, de ses accomplissements futurs mais surtout de son départ vers le Nouveau Monde. Une pièce pas comme les autres, bien plus qu’un simple symbole, dont la disparition pourrait causer bien des problèmes.

Mickey et le roi des pirates - Par Joris Chamblain & Dav - Ed. Glénat
© Disney / Glénat.

Il y a, depuis toujours, beaucoup de mystère autour de cet objet, dont le rôle dépasse largement sa simple valeur matérielle. Dans plusieurs histoires, comme ici, son statut de porte-bonheur est même accentué : lorsqu’il est perdu ou qu’un malheureux parvient à le subtiliser, c’est le début de la fin des haricots. Même si bien souvent le dommage est vite réparé.

Le sou cristallise en quelque sorte les contradictions d’un personnage à la fois d’une grande force - en dépit de son âge vénérable - et fervent défenseur des valeurs du travail et de l’effort, mais dont l’assurance vacille dès qu’un simple objet vient ébranler la certitude d’avoir tout bâti par lui-même. Chez Carl Barks, le créateur de Picsou, tout comme chez Don Rosa, l’auteur de La Jeunesse de Picsou, l’objet est avant tout une source de motivation, un souvenir dont la valeur sentimentale dépasse celle de n’importe quel trésor.

© Disney / Glénat.

Petit à petit, au rythme des fermetures d’usines, le vieux Picsou vacille et Londres avec. Il faut dire que la ville semble en grande partie dépendre du milliardaire. On suit alors Mickey Mouse, humble journaliste au sein du journal Le Charognard. Incompris de son patron - un maudit rapace - la petite souris intrépide décide de se saisir de l’affaire, sans plus attendre, dans l’espoir de faire éclater la vérité et, surtout, d’enfin se faire un nom. Sa quête va l’emmener dans des terres reculées, bien au-delà de la Grande-Bretagne. Entre mystères, complots, magie et même piraterie, la route de la souris intrépide va croiser celle de Dingo et de Donald, le neveu de Picsou. On retrouve ainsi la fameuse triade classique qui connut bien des heures de gloire dans la BD, mais surtout à l’écran.

Ce choix d’un Londres victorien, loin de la ville de Donaldville, n’a rien d’anodin. Il s’inscrit dans une filiation directe avec Le Noël de Mickey, adaptation animée du Chant de Noël de Charles Dickens, où Picsou endosse le rôle d’Ebenezer Scrooge, dans une Angleterre appauvrie, et Mickey, son modeste employé. Comme dans le film, Mickey et le roi des pirates convoque un décor symbolique, immédiatement évocateur, comme le théâtre d’une fantastique aventure. L’idée que la perte du sacro-saint sou puisse mener à la chute de l’empire financier du vieux Picsou n’est pas nouvelle.

© Disney / Glénat.

L’album, bourré comme une dinde de Noël de clins d’œil, de références, nous offre par la même occasion un casting quatre étoiles avec de nombreux caméos. Une double lecture s’impose pour en saisir toute la richesse. Un plaisir auquel on ne se refuse pas. Contrairement au contenu du coffre du vieux grigou, tout ce qui brille n’est pas forcément d’or. Il faut se méfier de la poudre que l’on nous envoie dans les yeux. Alors qu’en est-il vraiment, au-delà du bel objet et des fan-services en veux tu en voilà ?

En un mot : jubilatoire. Aucun répit ne nous est laissé, chaque instant est pleinement vécu. Jusqu’à la fin, le mystère demeure, porté par une succession de retournements de situation dans une haletante course contre la montre entre terre et mer. Certes, les plus initiés à l’univers des souris et des canards Disney se douteront de certaines choses. Mais le plaisir reste intact.

Le tout est porté par une colorimétrie numérique maîtrisée, jouant avec justesse entre ambiances chaudes et froides, et soutenue par un beau travail de luminosité. On sent qu’il s’agit d’un projet de longue haleine, bien brossé… Cette collection Glénat offre une certaine liberté à ses auteurs, bien souvent non-disneyens. Or, si les Dav et Joris Chamblain ont déjà fait leurs armes sur des petits Mickey, ils ne font pas partie des collaborateurs réguliers de la sphère Disney. Pour autant, ils se saisissent pleinement avec passion des personnages qui leur sont confiés. Au-delà d’être un régal, cet album compte sûrement parmi les meilleurs de la collection.

Une aventure foisonnante, à mi-chemin entre un roman policier et une aventure à la Pirates des Caraïbes. Tout cela, à cause d’une pièce de dix cents ! Voilà qui promet un lancement en beauté pour la nouvelle année des éditions Glénat.

© Disney / Glénat.

“Avec Joris on voulait vraiment faire l’album ultime pour les fans de Disney [...] à l’époque où on a monté le projet, les auteurs de la collection ne pouvaient en faire qu’un, alors on s’est dit : On va tout mettre dedans”.

Nous dit Dav, le dessinateur.

Au scénario, on retrouve Joris Chamblain, qui - outre Les Carnets de Cerise et Enola - a publié Pas de repos pour les héros, L’Idole sacrée de l’île aux cent volcans et Enquête en pleine tempête, trois histoires estivales de Mickey et Donald, aux chapitres publiés chaque semaine dans les pages du Journal de Mickey, il y a quelques années. Et qui, au passage, sont les derniers récits longs créés spécialement pour la revue française.

Chamblain n’est pas non plus étranger à la collection Glénat, puisqu’il a publié Picsou et le dragon de Glasgow en 2022, revenant sur la jeunesse de Picsou, dans les pas de Carl Barks et Don Rosa. Au dessin de Mickey et le roi des pirates, opère David Augereau, dit Dav. On lui doit plusieurs “Mickey énigmes” dans les pages du Journal de Mickey et du défunt Mickey Parade Géant. Lui et Chamblain en ont d’ailleurs fait plusieurs ensemble.

Par Rémi BARNAULT

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Code EAN : 9782344051115

Mickey et le roi des pirates est à retrouver aux éditions Glénat, pour 19 €.

Glénat ✍ Joris Chamblain ✏️ Dav Aventure Policier, Thriller Londres
 
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