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Cela fait de cette Fête sans fin une sorte de voyage initiatique pour la jeune femme. D’abord accompagnatrice de Dorothée (la connexion avec Le Magicien d’Oz ne vous aura pas échappé), les deux femmes rejoignent deux autres habitués de la fête qui leur serviront de guides. On retrouve ainsi la ravissante Fleur, qui rayonne autant de bienveillance que d’une joie de vivre communicative, et Ulysse, plus réservé et hanté par la question de savoir si ce qu’il vit durant cette soirée est réel ou s’il s’agit juste d’un rêve.
On est transporté avec Violette dans cet instant fantastique, balancé entre le dancefloor, la piscine, le salon de thé, les moments intenses et les moments calmes. C’est une histoire en entre-deux : entre rêve et réalité, entre intensité et tranquillité, entre joie et mélancolie, entre couleurs désaturées et couleurs vives, entre instant présent et souvenir...
C’est une balade narrative que l’on vit avec elle. À mesure que l’on voyage de lieu en lieu et qu’on rencontre, à ses côtés, les personnages qui composent ce décor et racontent leur histoire, on apprend aussi à connaître la jeune femme dans son intimité. Notamment ce qui semblait tant la troubler au début du voyage.
Onirique. C’est le terme qui vient en voyant ce trait fin, presque effacé, avec ses couleurs majoritairement claires, voire délavées. Ces dernières, nous révèle l’auteur, suivent en réalité l’état sentimental de la protagoniste. L’utilisation des feutres Pantone permet notamment de mettre en avant des scènes très fortes. Le traitement du dessin change d’ailleurs drastiquement lors de la mise en scène des souvenirs des personnages, où la couleur devient une forme à part entière tandis que le trait semble disparaître.
Formée à l’animation à l’école des Gobelins, au même titre que Jade Khoo ou Juliette Brocal, Martin Robic rêvait de faire de la bande dessinée dès son plus jeune âge. « Je voulais faire une BD qui n’existait pas, et aussi la BD que je rêvais de faire. » La fête l’a particulièrement inspiré, notamment en voyant son traitement dans les médias. « La fête a mauvaise presse. Souvent, dans les films ou les teen movies où il y a une fête, elle se passe mal, alors que, moi, la fête m’a fait beaucoup de bien. »
Un album brillant (ne serait-ce que par ses couleurs !) proposé par un jeune auteur encore inexpérimenté mais pas amateur pour autant. En l’espace de 180 pages, il parvient à proposer un espace d’expressivité et de créativité rempli d’émotion. On est bien dans une fête sans fin, là où l’on aurait facilement pu tomber dans une fin sans fête.
Par Colin BESNIER
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Une Fête sans fin - Par Martin Robic - Éd. Label 619 - 22€