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Favori de la rédaction
2 juin 2026
Plutôt que de se laisser abattre par les tribulations régulières des enfers, Sander décide de prendre sa seconde vie à bras-le-corps et d’agir. Rapidement, il parvient à réunir un groupe d’anciens humains afin de construire un début de village, constatant qu’à plusieurs, il est bien plus simple de se défendre contre les démons. Et Sander, qui vivait si misérablement par le passé, devient bientôt le chef de ce village.
Après plusieurs années, un nouveau venu fait son apparition, remarquable par sa stature et sa force. Il s’appelle James, refuse d’abord d’accepter d’être mort, avant de s’y résoudre en devenant le chef du village. Face à quelqu’un de bien plus fort que lui, Sander doit ruser afin de s’en faire un allié. La problématique reste la suivante : James veut à tout prix rejoindre le monde des vivants, tandis que Sander fera tout pour garder sa position privilégiée en Enfer...
La seconde vie de Sander est une œuvre difficile à classifier. Sorte de récit choral dans lequel on alterne entre les perspectives de Sander, James et des futurs arrivants de l’intrigue, on est rapidement happé par cette histoire entre l’apparition d’une civilisation menée par Sander, les envies de révoltes de James contre le Diable et la la manière dont ce dernier entretient un système de terreur et de domination.
L’histoire est régulièrement entrecoupée d’épisodes flash-back permettant de voir l’apparence humaine des protagonistes, ainsi que les derniers instants avant leur trépas. On apprend ainsi dès les premières pages que Sander était autrefois sans-abri, ce qui explique facilement pourquoi il tient autant à cette nouvelle vie dans laquelle il a tout.
Vous avez lu « apparence humaine » ? Oui, car il ne vous aura pas échappé que les personnages de l’œuvre prennent tous diverses apparences toutes plus étranges et grotesques les unes que les autres. Sander est une sorte de batracien/reptile aux dents pointues, James un imposant chevalier à la longue barbe... Ces apparences, on le comprend assez vite, révèlent comment se perçoivent les personnages. Il y a parfois un vaste contraste entre leur apparence humaine, comme c’est le cas pour James, ou au contraire peu de différence.
Ces créatures rappellent évidemment celles peintes par Bosch dans sa représentation des enfers. On reconnaît aussi l’influence des gravures et tapisseries médiévales, dans ces apparences grotesques. C’est d’ailleurs cet élément visuel qui est instantanément le plus marquant lorsqu’on découvre l’album. Avec ses couleurs un peu ocres et sa panoplie de monstres en tout genre, le livre est immédiatement accrocheur.
Des trois premiers albums proposés par les éditions Solodolo, La Seconde vie de Sander est certainement le plus complet et le plus marquant. Son univers riche et complexe, empreint de violence, est immédiatement accrocheur, laissant à la fin qu’une seule envie : lire la suite. Prévue en trois tomes, cette série est à suivre de très près.
Par Colin BESNIER
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La Seconde vie de Sander T.1 - Par Stepan Razorenov - Éd. Solodolo - 26€
Pour lire les autres chroniques des premiers titres de Solodolo :
– The King’s warrior
– Sexcastle