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Excellent
8 mai 2026
Une destination a priori moins exotique que d’habitude pour notre couple d’aventuriers, mais qui se révèle tout aussi dépaysante que des destinations lointaines... Avec un sujet plus calme que dans leurs deux premières aventures – Quentin qui accompagne Sophie à Bruxelles, où elle doit donner une conférence sur les Surréalistes –, ce tome 3 de la série Lune de Miel s’annonçait à priori tranquille...
Mais c’était sans compter sur l’imagination de Bastien Vivès, qui transforme dans cet album intitulé Midi entre quatre planches Bruxelles en un vaste no man’s land dangereux… En sortant de la gare du Midi, tous les Bruxellois, touristes et pendulaires le savent, on se retrouve face à un immense chantier… Vivès s’empare de cette situation réelle pour la tordre et faire de la capitale de la Belgique une ville en déliquescence, noyée dans la brume, peuplée de personnages patibulaires, et qui semble avoir basculé dans un temps ancien qui ressemble au Far West…
Après une entame plutôt légère, où Quentin est heureux comme un gosse dans une bouquinerie de bande dessinée, la situation se durcit lorsque ce même Quentin doit aller chercher de l’argent liquide – les cartes bancaires ne sont plus acceptées dans cette ville à la dérive… – à la banque voisine de son hôtel. Alors qu’il semble compliqué de récupérer des euros, voici que l’agence est victime d’un hold-up, mené par les pires crapules de ce Bruxelles sans foi, ni loi : la bande des frères Kurt et Bud York. Dans une situation confuse, Quentin abat Kurt et devient une sorte de héros national, tandis qu’Hubert Reynold (les Bruxellois comprendront l’allusion), le shérif moustachu d’Ixelles, drague subtilement la jolie Sophie.
La suite, c’est une cavalcade de péripéties entre moments festifs et fusillades, où Sophie se découvre des talents de pistolero… Avec trois albums de cette nouvelle série parus en un peu plus d’un an, Bastien Vives – qui assure texte et dessins, les couleurs étant l’œuvre de Brigitte Findakly – se montre ici très productif. Il n’empêche que la qualité est là, avec un troisième tome qui ne manque ni de rythme, ni d’action. Le sujet est original, l’histoire est riche en surprises, tantôt graves, tantôt légères, et le dessin du maestro est comme à l’habitude de belle qualité.
Un récit d’aventures qui se lit d’une traite, mais qui offre aussi au lecteur le plaisir de promener ensuite son regard au fil des pages pour admirer le graphisme virtuose de l’artiste. En fin d’album, il suffit à nos deux héros de reprendre le train à destination de Paris pour laisser derrière eux cet improbable chaos belge…
Par Dominique ERNST
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