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Excellent
7 mai 2026
À Stockholm, Wako, une étudiante d`origine japonaise qui ne se souvient plus de son passé, et son partenaire Adam, un beau jeune homme blond aux yeux bleus, font équipe au sein des Borders Makers. Leur rôle consiste à restaurer la frontière entre humains et êtres féériques lorsque les agissements de ces derniers apparaissent dans les faits divers, et à sauver les humains touchés au passage.
C’est ainsi que Wako et Adam enquêtent sur toute une série d’incidents impliquant des êtres du folklore suédois plus ou moins hostiles, mignons, effrayants ou glauques. De l’Askafora au Myling en passant par le Näcken, le Tomte, le Troll, le Noaidi, le Bäckahästen, le Night Raven et surtout les Elfes, toutes ces enquêtes permettent au duo de remonter les traces jusqu’à l’être-fée qui a privé Wako de sa mémoire.
La perte de mémoire de la jeune femme est en effet le fil rouge de toute la série, et Ichi Sayo ne le perd jamais de vue. Tous les personnages qu’elle ajoute et les divinités qu’elle choisit de présenter sont là pour faire progresser la quête de Wako jusqu’à la révélation finale.
Aidés de Bô, le Dieu de la Mort qui, curieusement, apporte une touche de légèreté avec sa manie des jeux vidéo (du moins au début) puis de Léo, Brigitta, Viking et plus tard Yeld, Wako et Adam vont remonter la piste de la créature responsable de l’état de Wako, et découvrir par la même occasion leur propre identité.
En parallèle des enquêtes surnaturelles, la relation qu’ils entretiennent se renforce, Ichi Sayo disséminant suffisamment de petites touches pour satisfaire l’envie de romance de son lectorat mais pas au point de faire basculer la série dans un full shojo avec grandes envolées romantiques.
Que ce soit la Japonaise Wako ou le Suédois Adam, tous deux sont en effet représentatifs de deux cultures très portées sur la réserve et la retenue quant à l’expression des sentiments : en témoigne la scène bonus de la Saint Valentin à la fin du tome 2, où on comprend qu’Adam est amoureux de Wako mais qu’elle ne l’a pas compris. Au-delà de cet aspect, on sent bien que la mangaka utilise et cultive la relation forte de ses deux héros dans un but précis et cela prend en effet tout son sens lors de la conclusion poignante du récit.
Elle a aussi bien travaillé les caractéristiques de ses personnages principaux, qui sont assez profonds pour séduire un large public. Wako, Adam et leur antagoniste ont droit à des histoires bien construites, et le méchant est tellement bien ciselé et tordu qu’il peut entrer dans le Panthéon des adversaires d’anthologie. On regrettera dès lors que les personnages secondaires et l’univers global de Foggy Foot n’aient pas pu être davantage exploités et explorés, probablement par manque de temps et d’opportunité de le faire.
En effet, les quatre volumes suffisent tout juste à boucler correctement la quête de Wako et Adam. Une partie du lectorat pourra donc être frustrée de ne pas en apprendre davantage sur les Border Senders représentés par Yeld, personnage à peine exploité, sur le 3e bureau des dieux de la mort dans lequel travaillent Léo et Brigitta, sur le passé de ces derniers ou celui d’Adam, finalement encore assez mystérieux même après la conclusion de la série.
Sur le plan graphique, le trait est fluide et réaliste, y compris pour les créatures folkloriques et les décors, avec toutefois deux bémols : le premier sur Adam, censé être plus âgé que Wako mais dont les cheveux qui lui cachent presque constamment les yeux lui donnent un air très adolescent, assez peu cohérent pour un homme âgé de 26 ans ; Bô et son tomte ont eux aussi des traits très simples mais c’est l’histoire qui le veut. Le second se situe au niveau des scènes de combat, découpées de telle façon que seule l’issue de la bataille est représentée, laissant supposer qu’Ichi Sayo n’aime pas dessiner ce type de planches.
Enfin, la qualité du travail éditorial fourni par Véga sur cette série est à souligner, en particulier en ce qui concerne la fabrication des jaquettes en papier mat légèrement texturé très agréables au toucher et qui changent de l’habituel papier glacé qui s’abîme facilement. Le choix de l’aspect mat valorise davantage les couleurs vives et les dessins des couvertures respectueuses de la version originale japonaise.
En conclusion, en dépit de quelques petites réserves, Foggy Foot est une très bonne série au sujet original qui réunit dans un équilibre subtil et constant quête d’identité, folklore féérique suédois, enquêtes fantastiques et touches de romance assez prononcées pour plaire à un public assez large, fan de shojo comme de seinen et sans distinction de genre ni d’âge.
Sa conclusion au cordeau, mais bien structurée, répond à toutes les questions posées, contrairement à d’autres séries courtes publiées chez Véga comme Le Bateau Usine au final bâclé ou encore Death Game dont on attend désespérément le tome 5, en espérant qu’il parvienne à boucler le nouvel arc qui s’est ouvert à la fin du tome 4 paru en octobre 2024 en France.
Par Gaëlle BEDIS
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Foggy Foot, T1 - Paru le 12/09/2025
Foggy Foot, T2 - Paru le 07/11/2025
Foggy Foot, T3 - Paru le 16/01/2026
Foggy Foot, T4 - Paru le 13/03/2026