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22 août 2026
Un coup de fil et tout bascule. En pleine journée, le narrateur de cette histoire apprend le décès de Zio Négus, homme atypique, marginal, mais qui, comme souvent, cache une multitude d’histoires. Tout de suite, comme dans le film franco-italien Cinema Paradiso, le narrateur prend la route pour se rendre aux funérailles. En chemin, il rembobine ses souvenirs et dresse le portrait de ce Négus, ancien militaire de la campagne d’Abyssinie, déserteur, communiste et intimement antifasciste. Il se remémore sa rencontre avec lui, à quel point il l’impressionnait, mais aussi la multitude d’histoires et d’anecdotes qu’il hébergeait. Ses campagnes militaires, son occupation de l’abbaye de Calena, sa passion pour les rois éthiopiens et celle pour Frédéric II, roi des Deux-Siciles… autant d’histoires ancrées dans le territoire qu’ils ont en commun : Peschici, petit village caché sous les oliviers dans les Pouilles.
Avec Les Oliviers du Négus, David Prudhomme est dans ce qu’il sait faire de mieux. Pour cette adaptation, il a travaillé en demi-pages, découpant ses planches quasi exclusivement en deux grandes cases horizontales. Ainsi, il intègre la quasi-intégralité du texte original en voix-off et, surtout, laisse de la place à la danse de son dessin. Sur ces écrans de papier, la sensualité du trait souligne une histoire sensible et intime, dans laquelle le politique semble se dissimuler.
Comme il l’avait fait dans L’Oisiveraie, l’auteur transmet le souvenir d’une personnalité, une philosophie de vie qui invite à cultiver l’originalité. Sous de faux airs bohèmes, Négus profite de paysages ombragés pour préserver des histoires tout autant clair-obscur.
Bien plus que de résilience, il s’agit ici de résistance. Et c’est dans ces éblouissants décors que David Prudhomme transmet le mieux ces sentiments. Pas par le texte, mais par le geste : celui du dessin.
Par Kelian NGUYEN
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Les Oliviers du Négus - Par David Prudhomme, d’après Laurent Gaudé - Ed. Actes Sud BD/Virages Graphiques
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