Les Mémoires de Dragon Dragon T. 3 : Osez Joséphine

Par Didier PASAMONIK Favori de la rédaction 24 février 2025 
Avec une allusion à une chanson connue d’Alain Bashung, Nicolas Juncker et Simon Spruyt nous livrent le troisième et dernier tome des mémoires de Dragon Dragon. Solidement appuyé sur des faits historiques avérés, la narration sarcastique et endiablée de Juncker s’accorde bien au beau trait expressif de Simon Spruyt. On quitte avec regret cette excellente série et son duo magique.

Rétroactes : Dragon est son nom et il est dragon de la garde. Il traverse d’abord la Révolution, puis le Consulat et l’Empire et il raconte ses souvenirs au moment de la Restauration. C’est un dragon jeanfoutre, acteur incognito et indifférent de l’histoire, aux mœurs débridées. À l’affût de la moindre galipette, quel que soit le sexe qui se présente (il se serait fait le duc d’Orléans en personne et ce dernier s’en souviendra), le dragon Dragon traverse l’histoire sans le moindre scrupule : Révolution, Consulat, Empire, Restauration… Il assiste en spectateur aux événements qui se déroulent devant lui, même si, par ses bévues successives, il influe sur son cours, d’autres comme ce général Buonaparte s’attribuant la victoire de ses troupes.

Le dragon Dragon n’en a cure : il a repéré la compagne du général, la fameuse Joséphine de Beauharnais, souvent délaissée par son héraut en campagne. Dragon ambitionne de la satisfaire… Dans cette aventure, il n’est plus seulement accompagné d’Anselme, son aide de camp, il l’est aussi par le peintre Antoine-Jean Gros, mandaté par le général pour illustrer ses exploits. Pour les magnifier plutôt, car ce sont d’ordinaire d’immondes boucheries dont sont aussi les victimes, très souvent, des civils.

Nous avons vraiment aimé ce travail de critique historique franchement rigolard de Nicolas Juncker qui nous promet dans quelques semaines un récit du même acabit sur la Guerre d’Algérie dans la lignée du remarquable Un Général, des généraux dessiné par Boucq. Ici, le dessin et les couleurs sont de Simon Spruyt (Le Tambour de la Moskova). C’est une des meilleures révélations graphiques de ces dernières années. Son dessin expressif ne s’encombre pas d’une documentation pourtant très présente. Spruyt a le sens des atmosphères, campe ses personnages comme personne, et détient, dans ke registre de l’émotion et de la farce, un sens du burlesque proprement flamand, dans la lignée de Brueghel, de Jordaens, de David Teniers… Ces deux talents réunis nous ont livré là une jolie pépite qui ne s’oubliera pas de sitôt.

Par Didier PASAMONIK

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Code EAN : 9782808213660
Dragon Dragon Le Lombard ✏️ Simon Spruyt ✏️ Nicolas Juncker à partir de 13 ans Humour Histoire France Orléans
 
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1 Message :
  • Les Mémoires de Dragon Dragon T. 3 : Osez Joséphine
    25 février 2025 09:15, par Philippe Wurm

    Oui ! Excellents ouvrages.
    On surveillera les autres réalisations du duo.
    Spruyt est une révélation.
    Il sera attendu, fin 2025, au festival flamand de Perk, communauté de Zaventem (aéroport de l’est de Bruxelles) où il est déjà considéré comme une vedette, avant de décoller vers des horizons encore plus prestigieux.

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