Excellent
18 mars 2026
Fred Neidhardt n’a pas de limites… Le nouveau scénariste des Tuniques bleues (série culte dessinée par le brillant vétéran Willy Lambil, 89 ans) fut un redoutable imposteur dans les années 2000. C’est ce qu’il raconte dans son dernier album solo : Le syndrome de l’imposture, profession : farceur sans limites. L’ouvrage, dans un style qui rappelle un peu L’Arabe du Futur, de Riad Sattouf (qui a d’ailleurs participé à quelques impostures), s’ouvre avec une performance mémorable commise à la télévision, lors de l’émission bien connue C’est mon choix , présentée par Évelyne Thomas.
Sur le thème du radin, il en fait des tonnes comme témoin, expliquant qu’il mange au Resto du Cœur, car c’est gratuit, que quand il offre un bouquet de fleurs à sa femme, il l’a volé dans un cimetière (« c’est mieux quand ça profite aux vivants ») ou qu’il ne tirait la chasse d’eau des WC qu’une fois par semaine quand il était étudiant… Quelque temps plus tard, en direct au téléphone sur Europe 1, il balance à Dechavanne, qui l’a branché sur la radinerie, que sa prestation à C’est mon choix n’était qu’une imposture…
La suite, qu’il raconte à ses deux filles effarées par l’audace de leur père, est du même tonneau, avec des épisodes divers et variés : comment j’ai craqué l’identité de Frantico (mystérieux auteur qui se révèlera être Lewis Trondheim), projet de construction d’un immeuble sur une plage devant des villas, création d’une fausse zone nudiste à Paris-Plage ou manifestation contre la pollution nocturne avec des slogans du type « draps en colère » ou « je bande donc j’essuie ». Ces derniers sujets étant réalisés dans le cadre d’impostures pour Salut les terriens, émission télé de Thierry Ardisson, ou pour le mensuel L’Écho des Savanes (qui tirait alors à 240.000 exemplaires). Des impostures souvent réalisées avec son complice Fabrice Tarrin, dessinateur avec lequel il a notamment réalisé l’album Spirou chez les Soviets. Certains de ses canulars sont vraiment limites, nul doute que s’il les réalisait aujourd’hui, il finirait en garde à vue !
Frédéric Neidhardt a un parcours d’auteur très éclectique, avec des séries et des albums solos (Psykopat, Pif Gadget, Spirou, romans graphiques, etc.), des scénarios pour des séries d’animation (Captain Biceps, Les Lapins crétins, etc.), diverses parodies dans Spirou (Spouri et Fantaziz, une fausse planche inédite de Rob-Vel), des mises en couleurs (Le Tombeau des Champignac) et même des apparitions au cinéma, dans Les Beaux Gosses et Jacky au royaume des filles, des films de son pote Sattouf. La dernière image du Syndrome de l’imposture, profession : farceur sans limites, digne d’un bon Hitchcock, montre un Fred Neidhardt entièrement à poil qui s’apprête à entrer dans un McDonald’s… Avec à côté un petit texte : « à suivre dans le tome 2 du Syndrome de l’imposture ». Ça c’est du teasing !
Par Dominique ERNST
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Le Syndrome de l’Imposture, profession : farceur sans limites – Fred Neidhardt – Niffle
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