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Angoulême 2027 : une semaine cruciale

Par Didier PASAMONIK 18 mars 2026 
La donne politique est l’une des composantes importantes de l’équation angoumoisine en ce qui concerne le festival de la bande dessinée à Angoulême. La mairie, en effet, joue un rôle moteur dans l’organisation et le financement de l’événement. Arrivé en tête en ballotage favorable au premier tour avec 27,45%, soit un peu plus de la moitié de sa précédente élection au premier tour, le maire actuel Xavier Bonnefont (DVD) paie cher ses 12 ans de gouvernance du FIBD aux côtés de Delphine Groux et de Frank Bondoux. L’issue est incertaine. Autre point délicat cette semaine : ce matin, la plainte de 9eArt+ contre l’Association qui regroupe auteurs, éditeurs, et collectivités financeuses du Festival (l’ADBDA) passe devant le tribunal. Dans l’attente de ces deux verdicts, on peut lire le témoignage en BD (un peu farce) de Franky Baloney (alias Fred Felder), directeur artistique météore du FIBD au titre évocateur : « Moi Franky, drogué, prostitué, directeur du festival ».

Rien de nouveau sous le soleil : le plateau d’Angoulême vote au centre-droit ; tout autour, ça vote à gauche. Des neuf listes concurrentes, dans une participation qui a pris quinze points de plus qu’aux précédentes municipales, ce qui montre l’engagement des citoyens sur cette question, il y en a cinq qui passent la barre des 10%.

Second derrière le maire (27,45 %), LFI fait le beau score de 18,01 %, suivi de la liste de Vincent You (DVD), ancien adjoint aux finances du maire actuel et ancien assistant parlementaire de Christine Boutin, une liste dissidente qui ramasse 16,84 %. Il s’est retiré sans donner de consigne de vote.

Restent Patrick Mardikian (DVG), actuel président de la Cité de la BD : 12,88 % et l’écologiste Christophe Duhoux-Salaberry (VEC) : 10,75 %. Du jeu des alliances, tout peut sortir. Dès lors, il conviendra aux uns et aux autres de faire des choix clairs. Le désastre du FIBD sera certainement un facteur de cette décision. Le verdict de l’audience qui se tient aujourd’hui (le référé de 9eArt+ contre l’ADBDA) pourrait en être une composante... Les urnes montrent bien que les Angoumoisins aspirent au changement.

Angoulême 2027 : une semaine cruciale
Frank Bondoux, délégué général du FIBD, Xavier Bonnefont, maire d’Angoulême, et Gérard Desaphy, chargé du dossier du Festival. Ils paient cher le prix de la crise.
Photo : D. Pasamonik (ActuaBD)

Illusions et désillusions

Mais rions à gorge déployée en lisant le témoignage en bandes dessinées de Franky Baloney, alias Fred Felder), directeur artistique météore du FIBD au titre évocateur : « Moi Franky, drogué, prostitué, directeur du festival  » publié sous le label BD Vengeance. [1] En page de titre, cette sentence : « La vengeance est un plat qui se réchauffe au micro-ondes ».

Passé par Ferraille et les Requins Marteaux, scénariste de télévision (notamment pour Groland), animateur, Franky avait été recruté notamment pour donner au FIBD un aspect davantage festif et ludique à la manifestation. Il n’est pas resté longtemps, le COVID ayant plombé son action et celle du Festival. Ce « petit livre rouge » est une BD-exutoire, « un album sur la plaie »…

Il n’est évidemment pas question de prostitution, ni de drogue, évidemment, sauf sur le mode farce : la drogue étant la bande dessinée et la prostitution la complaisance empressée à jouir de la notoriété qu’offrait un poste envié dans un festival de BD « parmi les plus prestigieux du monde »…

C’est une BD parodique dont on comprend vite qu’elle se déroule au bord de la Charente, qu’il s’agit d’une manifestation dirigée par un certain « Bondox » qui ne jure que par le coca cola et le foot. L’auteur se décrit comme un passionné paumé et fauché qui met le pied dans une machine infernale et qui va prendre de plein fouet la pandémie du Covid.

Toute ressemblance avec une conférence s’étant tenue le 29 janvier 2026 est tout à fait fortuite.

Le dessin de Khattou est rond, sympathique et assez juste. Quant à l’histoire, elle met bien le doigt sur les problématiques d’un management frappé de cécité dans un secteur en crise. La satire n’est pas méchante. Elle montre notre directeur artistique confronté aux enjeux d’un certain festival qui va droit dans le mur, notamment en ignorant les attentes des auteurs.

Il résume un peu la complexité de la situation actuelle qui aura besoin de beaucoup de bonnes volontés pour faire face à la nouvelle équation qui s’offre à nous aujourd’hui. Mais l’enthousiasme est là, intact, le Grand Off l’a prouvé. C’est ce qui compte.

Franky Baloney anime entr’autres QBFD, partenariat entre le Cité de la BD et La Charente Libre que l’on peut retrouver ICI. Il y rencontre le dessinateur qui va dessiner pour lui son album de souvenir-fiction

Par Didier PASAMONIK

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Code EAN : 9791092775822

Moi Franky, drogué, prostitué, directeur du festival - Par Baloney & Khattou - Ed. BD Vengeance

[1] Premier tome d’une nouvelle collection aux éditions du Monte-en-l’Air aux côtés de BD Cul et BD Cœur

Le Monte en l’air ✍ Franky Baloney ✏️ Bernard Khattou France Marché de la BD : Faits & chiffres Angoulême 2027
 
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1 Message :
  • Angoulême 2027 : une semaine cruciale
    19 mars 11:06, par Sergio Salma

    Et comique allusion frontale au livre allemand dont le titre français fut « Moi Christiane F. , 13 ans, prostituée , droguée » . Gros succès , un film en fut tiré, impressionnante plongée dans le monde effrayant d’un quartier de Berlin dans les années 70 . Ce qui s’est passé à Angoulême n’a visiblement pas dû être rose tous les jours .

    Répondre à ce message

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