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Dessins claqués porte-t-il (un peu trop) bien son nom ?

Par Quentin GUILLIER 9 juillet 2026 
Produit par Goxtoon Studio, Dessins claqués nous entraîne dans un monde où chacun possède des superpouvoirs. Si cet ouvrage brille par quelques bonnes idées et une véritable volonté d'inclusion, il souffre malheureusement d'un cruel manque d'originalité graphique et d'un scénario cousu de fil blanc. Retour sur un premier tome qui peine à convaincre.

Le récit s’ouvre sur le quotidien difficile de Dani, un jeune homme sans ambition qui fait partie des rares personnes dans cet univers à ne posséder aucun don. Rejeté par la société et au chômage pendant que sa famille galère, il enchaîne les déceptions jusqu’au jour où un énième entretien raté le mène à croiser la route de Melati, une mystérieuse peintre de rue. C’est à cet instant précis que le pouvoir unique de Dani s’éveille enfin : il est capable de donner vie à ce qu’il dessine. Le bémol, c’est qu’il dessine épouvantablement mal. Fort heureusement, Melati s’avère faire partie d’une organisation secrète dédiée à ceux dont les capacités sortent des 36 pouvoirs classiques reconnus mondialement. Face à des individus malveillants soudainement intéressés par son talent, ce héros lâche, maladroit et peureux n’a d’autre choix que de rejoindre cette organisation pour se protéger et apprendre à maîtriser son pouvoir.

Sur la forme, l’œuvre possède des qualités, à commencer par un humour léger qui fait sourire le lecteur au fil des pages. Le concept même de la capacité de Dani s’avère intéressant et plutôt rare dans le paysage du manga actuel, rappelant inévitablement le pouvoir de Kanjuro dans One Piece. De plus, le titre fait un bel effort de représentation en intégrant au casting principal une héroïne en situation de handicap : Melati est en effet sourde et muette, et s’exprime à l’aide d’une tablette pour communiquer avec les autres.

Pour Mas Okis, jeune scénariste indonésien venu du webtoon, ce n’est pas un premier scénario mais en revanche c’est son premier pas dans l’univers du manga. C’est pourquoi sans doute sa série peine à tenir la distance et ne cherche pas à révolutionner le genre. On sent la passion de l’auteur pour l’univers de de My Hero Academia, quand il reprend la mécanique usée d’un monde doté de pouvoirs centré sur un protagoniste qui en est d’abord démuni.

Ainsi, dans ce récit, la rencontre fortuite avec Melati tient du miracle : elle possède un don sans importance qui s’accorde parfaitement à celui de Dani et dirige justement l’organisation capable de résoudre tous ses problèmes. Ce déroulement-cliché empêche l’installation de véritables mystères.

Ce manque de singularité se ressent jusque dans le design des personnages, qui manque de figures suffisamment fortes pour épauler un protagoniste dont la personnalité est calquée sur des archétypes cent fois rebattus.

Mais prenons en compte que, pour kshatriya, il s’agit de sa première oeuvre jamais publiée. Qui sait ? Peut-être qu’un jour ces « dessins claqués » aboutiront à une oeuvre d’art.

Par Quentin GUILLIER

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Code EAN : 9782379509407
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