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30 juin 2026
Étudiant en art, AJ Dungo, rencontre Kristen surfeuse d’expérience. Plutôt habitué à glisser sur le bitume avec sa planche à roulette, il découvre avec elle les sensations de l’océan californien. En plus de l’amour pour la glisse, ensemble ils partagent à présent leur vie jusqu’à ce que celle de Kristen soit perturbée par la maladie.
Le film se base sur l’album, et ne trahit pas l’histoire ni la mémoire de Kristen. Il se concentre même d’autant plus sur cette dernière, là où la construction de la BD s’articule plutôt en deux temps : l’histoire populaire du surf et l’histoire d’amour entre les deux personnages.
L’adaptation cinématographique opte pour des designs de personnages dessinés sur de la 3D dans des décors peints, bercés par le soleil californien de David Hockney. La réalisatrice, Phuong Mai Nguyen, qui a déjà travaillé sur l’adaptation des Culottées de Pénélope Bagieu, a tout de même souhaité garder le trait caractéristique d’AJ Dungo pour l’insérer dans le film. Les films d’animations tirés de bande dessinée adaptent toujours le style graphique à leurs contraintes et envies, et In Waves ne déroge pas à la règle. Mais, les dessins originaux n’apparaissent pas comme un caméo ou une évocation. Tel que ceux visibles sur l’affiche, ils s’intègrent à la narration, soit pour des parties plus oniriques, soit comme des œuvres à part entière. La réalisatrice dévoile ici même qu’un easter egg se cache dans le film.
Cette volonté de retrouver le style de l’œuvre originale, elle l’affiche sans fard : « Je pense que si j’adapte des BD c’est avant tout parce que je les aime. » Nous justifie-t-elle. « Le trait d’AJ est si particulier que je ne voulais pas m’en détacher. Pourtant, je voulais aussi faire passer des émotions avec les couleurs et les décors ». Ce qui est un autre travail que celui de l’auteur, qui opte plutôt pour un trait stylisé à la frontière avec le graphisme en bichromie. « Alors on a intégré son dessin à travers son personnage. »
Le travail graphique du film se concentre, évidemment, aussi sur les scènes de surf et en particulier le roulement des vagues. Si l’album a marqué par son trait envoûtant, ses motifs vectorisés qui se répètent proche de l’art du Shipibo. Le film ici encore opte pour une représentation plus réaliste. « J’ai d’abord passé beaucoup de temps à observer les vagues pour comprendre leur mouvement et comment le représenter. » nous glisse la réalisatrice confirmant la démonstration que nous faisait Zep il y a quelques semaines. « C’est très dur à représenter mais AJ nous a parlé de Raymond Pettibon, » peintre américain qui a beaucoup représenté les vagues et les surfeurs. « En regardant ses tableaux, je voyais le mouvement des vagues alors j’ai voulu le reprendre. »
Acclamée par la critique, cette adaptation par une équipe française d’une histoire d’amour « philippo-californienne » comme la qualifie AJ Dungo, a le vent en poupe. Une histoire à portée universelle, à la fois sensible et touchante. Ce visionnage, bercé par la lumière diffuse du soleil californien, pourra peut-être apporter un peu de douceur et de fraîcheur dans cet été caniculaire.
Par Kelian NGUYEN
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