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Très bon
1er avril 2026
Quand Tébo, le dessinateur de Biceps, a rejoint le magazine Tchô ! de Zep en 1998, les pages étaient tournées vers des thématiques titeufiennes, allant de l’école, aux filles en passant par le sport. Le temps n’était pas encore propice pour faire du super-héros. Et surtout, il n’y avait pas assez de pages. C’est ce que l’auteur a confié à nos confrères de chez Ouest-France. Mais Tebo, de son vrai nom Frédéric Thébault, passionné de comics, est loin d’avoir dit son dernier mot. En 2003, la sortie du film Spider-Man Sam Raimi va changer la donne. On observe alors un regain d’intérêt pour les super-héros, tandis que Tchô ! gagne parallèlement en pagination. En 2004, Captain Biceps peut enfin voir le jour et casser la baraque. Les gags, dessinés par Tebo, sont scénarisés par Zep lui-même. Le héros est bodybuildé, énorme et sec, mais doté d’un petit cerveau et vêtu d’un costume rouge orné d’étoiles évoquant notamment un autre captain : Captain America .
Fait inattendu et presque attendrissant dans cet univers de brutes : Biceps, de son vrai nom Elmer Rateau, vit encore chez sa petite maman et se voit confier une mission bien moins héroïque, mais pas moins importante… promener le chien.
Pour le reste, il enchaîne baston sur baston. Humour garanti, entre cervelle en bouillie et os pulvérisés - mais rassurez-vous, rarement ceux de Biceps : ce sont surtout ses nombreux adversaires qui en font les frais. Une galerie qui va de personnages créés pour l’occasion à de véritables figures des comics américains, en passant même par le jeune Titeuf. C’est pô juste ! Biceps touche - ou plutôt uppercut - son public et a vite le droit à ses propres albums. Captain Biceps incarne la caricature du super-héros par excellence. Et ce, bien avant les multiples pastiches de la collection parodie de chez Jungle. Après 7 albums et une série animée, Glénat propose en 2019 une version dans un format comic book à l’américaine reprenant les premières aventures du héros. Pas le temps de niaiser, un deuxième opus de cette nouvelle formule est annoncé sur le tas. Mais à ce jour, silence radio.
Finalement, Captain Biceps fait son grand retour dans sa version classique, ce premier avril, et ce n’est pas une blague. Ironiquement, la couverture de ce huitième opus est la première où Biceps massacre un individu. D’où le titre “L’atomiseur”. Pour le reste, la recette reste la même. L’album alterne différents formats : le gag d’une page qui prédomine, la double page, et même une courte aventure. Bien souvent, les décors sont minimalistes, voire absents, au profit d’un fond de couleur. On reste focus sur la castagne. Côté casting, de nombreux invités (dé)figures et trinquent : du Hulk au Super-Skrull, en passant par Captain America ou encore Godzilla.
Mais les auteurs ne s’arrêtent pas là : ils élargissent leur terrain de jeu aux héros du pays du soleil levant, plus précisément de manga shōnen, avec Saitama (One Punch Man), Luffy (One Piece) ou encore Naruto. Des personnages réels ne sont pas en reste, tels que le catcheur Hulk (encore un) Hogan, les rappeurs toulousains, Bigflo et Oli, et même un certain politicien mégalomane sulfureux au teint de peau… tout aussi sulfureux. Biceps se frotte même au vaste monde du jeu vidéo. En parlant de jeu vidéo, l’habituel humour visuel dit slapstick, n’est pas sans faire penser à celui de Game Over de Midam. S’ajoute une répartie aux petits oignons surfant même sur l’actualité. Biceps parle avant et après avoir cogné. Entre deux bastons on retrouve des petits strips à caractère humoristique et regorgeant d’anecdotes sur l’univers des comics. Preuve encore une fois de la passion qui anime les auteurs. En outre, le superbe tandem Zep/Tébo confirme, avec ce retour musclé, qu’il n’a rien perdu de sa verve ni de son sens du gag percutant, plein d’ironie et un poil provocateur. Chaque génération y trouvera son compte. À apprécier sans retenue… mais à ne surtout pas imiter à la maison.
Par Rémi BARNAULT
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Le 8e tome de Captain Biceps est en vente aux éditions Glénat, pour 11,50 €.