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Favori de la rédaction
3 janvier 2025
En réponse à une commande, James Tynion IV a pris en charge cette lourde tâche avec enthousiasme. D’abord parce qu’il lui fallait prendre un peu de recul avec la série entamée il y a quelques années, The Department of Truth, mais aussi parce que plus qu’un monstre, Dracula représente depuis toujours pour lui une idée et une puissance ténébreuse tapie au fond de chacun de nous. C’est encore avec Martin Simmonds qu’il remet le couvert, pour livrer ce volume qui inaugure avec La Créature du Lac noirnce qui, on l’espère, sera une belle série d’hommages aux monstres de Universal Pictures.
L’ouvrage commence alors que le comte vampire est déjà arrivé à Londres. Les deux auteurs épargnent ainsi à leurs lecteurs le long voyage vers les Carpates de Jonathan Harker, le fameux clerc de notaire, venu en Transylvanie pour faire signer un acte d’acquisition de propriété pour Dracula en Angleterre. C’est par Renfield, véritable « héros » de l’histoire, totalement soumis à l’emprise démoniaque de Dracula, que l’on accompagne les différents protagonistes d’une histoire dans laquelle apparait finalement assez peu le vampire. Ce dernier surgit essentiellement dans d’époustouflantes et cauchemardesques doubles-pages muettes pendant lesquelles il se repait du sang de ses victimes.
L’autre grande figure du livre est Van Helsing, dont les méthodes l’opposent à l’autre grand psychiatre de l’histoire, le docteur Seward, qui tente de comprendre et de sortir Renfield de la folie. On distingue sa personnalité à travers les critiques qu’en font les autres thérapeutes, avant qu’il n’apparaisse comme une sorte d’exorciste ou de chasseur déterminé de vampires. C’est un homme capable de finir une carafe de whisky, avant de se lancer à l’assaut de l’abbaye de Carfax, où repose le monstre qu’il veut faire disparaitre.
Coté graphique, c’est une grande réussite. Le découpage des planches est hallucinant et hallucinatoire. Martin Simmonds est à l’apogée de son art. Alternant les planches sépia qui campent l’action au tout début du 20e siècle, avec les épisodes de terreur tout de rouge projeté pendant lesquels apparait Dracula, le dessinateur dynamise et rend encore plus original un roman épistolaire dans lequel certains pourraient avoir du mal à entrer.
Un conseil : allez sur la page Instagram du dessinateur pour admirer sa manière nerveuse de peindre. Un sublime travail qui nous permet de patienter, avant la sortie du prochain tome de Department of Truth. Une belle version grand format chez Urban Comics.
Par Romain BLANDRE
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