Dominique Bertail n’est pas un bleu !

Par Didier PASAMONIK 24 janvier 2026 
Grand Boum de Blois 2025, auteur à succès de la série Madeleine Résistante (scénario de Jean-David Morvan et Madeleine Riffaud), Dominique Bertail s’est révélé ces dernières années comme l’un des dessinateurs réalistes les plus puissants de la période. Par la justesse de son trait, son traitement de la couleur, mais aussi par la réflexion profonde qu’il exerce sur son art, cet artiste érudit, curieux de tout, qui a roulé sa bosse dans la plupart des maisons d’édition qui comptent dans le 9e Art, de Delcourt et Glénat à Rue de Sèvres, de Dargaud à Dupuis. Ça a l’air de rien mais cela fait 30 ans qu’il roule sa bosse !

C’est lorsqu’il aborde avec Jean-David Morvan l’incroyable récit de Madeleine Riffaud, Madeleine Résistante qu’il atteint à la notoriété. Avec la maturité d’un artiste passé par l’école des Beaux-Arts d’Angoulême, où il rencontre comme prof puis comme scénariste l’érudit de la bande dessinée Thierry Smolderen avec qui et quelques autres, il avait cofondé le site coconino-world.com, tout en débutant une carrière d’illustrateur, de dessinateur de BD mais aussi de storyboarder pour la TV, le cinéma et la publicité.

Avec la série Madeleine, Résistante, qui fait l’objet ces jours-ci d’une expo-vente exceptionnelle à la Galerie Barbier à l’occasion de la sortie du tome 4, il sait où il met les pieds. Un simple petit tour à la galerie convainc facilement le visiteur que nous sommes ici face à un auteur à la mesure d’un Jean Giraud qui vient de s’imposer comme le meilleur dessinateur de son époque avec Blueberry et qui, brisant sa chrysalide, va s’envoler sous la signature de Moebius. Point besoin de pseudonyme pour ce créateur, il peut être comparé à Gir/Moebius car il en a l’intelligence et la puissance technique et narrative.

Sa « période bleue » des aventures de Madeleine, exposée en ce moment à la galerie Barbier, bluffe littéralement. Allez-y voir : sa gestion des lumières, le traitement de ses aquarelles, la solidité de sa composition étincellent. Il n’est pas un petit dessin qui ne ravit l’esprit par son intelligence. Il y avait le bleu Schtroumpf, le bleu Klein, il y a maintenant le bleu Bertail. Il nous fait voir la vie en bleu et laisse une trace indélébile et immédiatement reconnaissable dans l’histoire de la bande dessinée franco-belge. Nous, on adore !

Ce tome 4 qui raconte la libération de Paris, comme pour les trois précédents, a fait l’objet d’une édition limitée éditée dans le cadre de l’exposition. C’est une édition de luxe limitée à 180 exemplaires accompagnés d’un ex libris en sérigraphie inédit numéroté et signé par l’artiste. Elle comporte une couverture inédite et quelque 40 pages additionnelles de croquis préparatoires, d’entretiens inédits avec les auteurs et des documents d’archives. On peut les acquérir sur le site des éditons Barbier.

Voir en ligne : Le site de la Galerie Barbier

Par Didier PASAMONIK

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Code EAN : 9782494377424

Exposition “Madeleine, Résistante. Tome 4. L’ange exterminateur”
du 15 janvier au 14 février 2026.
10 rue Choron
75009 Paris
Du mardi au vendredi
14h à 19h30
Samedi
10h à 12h30 - 14h à 19h30
info@galeriebarbier.com
01 42 81 51 37

© Editions Dupuis
Photo : Kelian Nguyen

Madeleine, Résistante Editions Jean-Baptiste Barbier ✏️ Dominique Bertail Histoire Blois Exposition
 
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6 Messages :
  • Dominique Bertail n’est pas un bleu !
    25 janvier 09:26, par denis

    Bertail est un grand dessinateur dont j’admire le travail mais la comparaison avec Giraud/Moebius est un peu écrasante. Pour l’instant du moins, Bertail n’a pas révolutionné son art comme l’a fait Giraud en son temps. Si l’on cherche la comparaison à tous prix, je vois plutôt une parenté avec le travail de Vittorio Giardino, très grand artiste également.

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    • Répondu par Philippe Wurm le 25 janvier à  18:43 :

      Dans l’histoire courte de Blueberry qu’il a réalisée il montre qu’il a un style indépendant de Giraud ou Moebius et qu’il a sa personnalité propre . Cette histoire est très émouvante, et sa réalisation graphique est splendide avec un sens de la narration en petites cases qui donnent beaucoup d’informations et nous font plonger dans l’ambiance à l’égal d’un Giraud . Différence et similitude émotionnelle .

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    • Répondu par Jérôme le 25 janvier à  20:05 :

      Oh vous savez, aujourd’hui il suffit de savoir aligner deux traits pour être qualifié de virtuose.

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      • Répondu le 25 janvier à  22:29 :

        C’est méchant ce que vous dites, mais c’est vrai que les grands dessinateurs "réalistes" se font tellement rares aujourd’hui, alors Dominique Bertail, Ralph Meyer et quelques autres nous semblent faire le job. Mathieu Bonhomme, Thierry Démarez et Corentin Rouge sont encore un cran au dessus, quand même, mais tout ce petit monde se tire à la bourre et c’est plutôt stimulant de voir revenir ce style un brin désuet qu’on appelle le classicisme.

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  • Dominique Bertail n’est pas un bleu !
    27 janvier 13:48, par Capitaine Kérosène

    Bertail maîtrise tellement bien le pavé mouillé qu’il en met partout dans cette série.

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