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Excellent
28 avril 2026
Tout part d’un énorme malentendu. Déter, qui est le dernier survivant de son groupe, devait revenir par la grande porte, mais n’est pas reconnu par le gardien. Obligé de passer par la porte de derrière, il est confronté à toutes les créatures qui le prennent pour un intrus ou qui cherchent tout simplement à se débarrasser de lui. Que ce soit par la ruse ou par la bagarre, Déter parvient à se hisser étage après étage jusqu’aux plus hauts sommets du donjon, faisant découvrir un véritable écosystème interdépendant.
Les sous-fifres, orcs et autres créatures sont tenus en respect par les morts-vivants, eux-mêmes contrôlés par le nécromancien, qui se trouve au même étage que le bibliothécaire, faisant la jonction administrative entre le maître du donjon et les sbires. On comprend, à mesure de l’avancée de notre anti-héros, que chaque étage a son ou ses résidents et que chacun tient un rôle.
De son côté, Déter, monolithique, quasi-mutique, n’a pour seul objectif que de récupérer son dû, pas une pièce de plus. Il parcourt silencieusement les décors magnifiquement rendus par Amaury Bründgen, qu’ils soient extérieurs ou intérieurs. Son style, à mi-chemin entre Frank Frazetta (Conan le barbare) et Richard Corben (Den), est un véritable retour aux meilleures heures de Métal Hurlant.
Et ce n’est pas qu’un album empreint de nostalgie : tout amateur de dark fantasy ou de jeu de rôle pourra se retrouver dans le récit. La structure du donjon et l’humour noir rappelle parfois un peu Le Donjon de Naheulbeuk, en plus sombre et moins potache, ou encore la célèbre série Donjon par Lewis Trondheim et Joann Sfar. On est aussi surpris par le catalogue de créatures diverses et originales qui traversent l’album. Chacune a une apparence immédiatement reconnaissable, tout en restant intrigante.
Une BD à recommander à tous les amateurs de fantasy médiévale.
Par Colin BESNIER
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Déter - Par Amaury Bründgen - Ed. Casterman