Excellent
26 mars 2025
Un soir de grande tempête, la banquise se dérobe sous ses pieds et Uqsuralik se retrouve coupée de sa famille. Dans ce monde de tribus chasseuses-cueilleuses dans les grandes étendues blanches, il est quasiment impossible de les retrouver. À partir de ce moment-là, la voilà livrée à elle-même bien obligée de voler de ses propres ailes et de mener sa vie.
Elle perfectionne ses techniques de chasse, de survie et se greffe à une nouvelle tribu. Elle traverse les intempéries et les dangers externes comme internes. Cette femme forte et indépendante affronte tout au long de sa froide vie la nature et les hommes qui l’entourent.
Aidé par un anthropologue, Krassinsky à chapitré son album avec de nombreux chants de gorge typiques. L’artiste peint aussi l’invisible en symbolisant le chamanisme et les esprits (croyances locales) grâce à des planches oscillant entre figurations et onirismes revenant aux fondements des mythes.
Habitué des récits plus métaphoriques sur les croyances et le divin, Jean-Paul Krassinsky livre ici un album plus sensuel et sensoriel. Il adapte son encrage et conserve sa maestria à l’aquarelle pour une aventure d’ambiance.
Krassinsky aime explorer les confins de l’humanité et les marges du globe. De Pierre et d’Os ne déroge pas à la règle. Et comme à son habitude avec une lecture fluide, il signe un album humaniste et universel. Le voyage initiatique de ce début d’année.
Par Kelian NGUYEN
Cet article reste la propriété de son auteur et ne peut être reproduit sans son autorisation.
De Pierre et d’Os - Par Jean-Paul Krassinsky, d’après Bérengère Cournut - Ed. Dupuis/Aire Libre