Pas mal
1er février 2025
En 2073 est lancé le 2R (Rêve-Réalité), qui permet de simuler une réalité virtuelle en se basant sur la mécanique d’un cerveau qui rêve. Un appareil que J. , un passionné de jeux vidéo, va acquérir et dont il va expérimenter les effets secondaires.
Ce nouveau titre nous plonge dans un récit de science-fiction onirique, avec des sujets que l’auteur connaît bien (Road to Nowhere). Le réel, le virtuel et le monde des rêves se confondent avec une belle mise en scène. L’œuvre est parsemée d’éléments liés au virtuel et aux rêves, comme les pixels sur des personnages, les étranges créatures ou encore l’architecture originale. Le style graphique quant à lui dégage quelque chose d’enfantin avec ses personnages ronds, de poétique et d’étrange (proche de l’esthétisme de Hisae iwaoka). Ce qui se prête vraiment à la rêverie.
Un détail interpelle au sujet du héros. On le nomme J. Ce qui n’est pas un prénom, alors que le personnage tiré du jeu est nommé Saya. C’est assez frappant de voir celui qui est réel sans nom alors que celle qui n’existe pas dans la réalité en avoir un. Pourquoi la lettre J ? Est-ce une référence au jeu vidéo, la passion du protagoniste ? Dans tous les cas, le fait que Saya porte un prénom la rend plus humaine, alors que J. semble moins ancré dans la réalité.
L’ensemble amène à avoir une réflexion sur la frontière entre le réel et le virtuel, avec l’histoire d’amour de J. L’Intelligence artificielle occupe une place centrale, que ce soit à travers des détails présents dans la réalité et par le biais de Saya, qui développe une certaine conscience. Tout cela est développé dans une ambiance douce-amère, particulièrement forte à la fin et très bien ressentie avec la solitude de J..
Le bon point à savoir, l’auteur est actuellement présent au Festival international de la bande dessinée d’Angoulême 2025 sur le stand des éditions Kana.
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