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"La BD règle ses contes" au festival d’Angoulême 2025

Par Rémi BARNAULT 1er février 2025 
La BD règle ses contes à OK Angoulême. Du 30 janvier au 2 février se déroule au festival de la Bande dessinée d'Angoulême plusieurs expositions tous plus intéressantes les unes que les autres. Pour cette 52e édition, le quartier jeunesse accolé au musée de la BD propose une exposition qui nous fait voyager à travers les contes d'antan, revisité par les auteurs d'aujourd'hui.

Comment l’héritage des contes d’antan se poursuit dans le 9e Art ? L’épatante expo la BD règle ses contes apporte sa réponse.

Grimm, Perrault, en passant par Hans Christian Andersen, peut-être connaissez-vous ces contes d’un autre temps et les fables fantastiques tantôt merveilleuses, tantôt plus sombres et moralisatrice. Ces contes, issus pour beaucoup de la tradition orale, tirent leurs origines jusqu’à l’antiquité.

Aujourd’hui encore, ces histoires sont adaptées et re-adaptées à toutes les sauces. L’exposition "La BD règle ses contes" nous en présente un aperçu, à travers les univers de cinq BD jeunesse.

"La BD règle ses contes" au festival d'Angoulême 2025
Recto du dépliant distribué au début du parcours.

Cette exposition, véritable toile du multivers, nous plonge dans cinq bandes dessinées. La grande carte visible à l’entrée de l’exposition annonce la couleur. “C’est une exposition singulière [et] exigeante dans sa conception parce qu’il fallait créer du lien, tresser un propos autour de cette question de l’adaptation en bandes dessinées des contes [...]”, affirme Marguerite Demoëte, directrice artistique du festival jouant le rôle de guide lors de la visite presse.

Chaque pièce apporte une atmosphère bien à elle et nous transporte dans diverses émotions. De prime abord, on pourrait penser qu’il s’agit là de cinq expositions différentes. Même si c’est un peu le cas, la globalité garde une certaine cohérence et nous offre une expérience complète.

D’entrée, on se voit distribuer un dépliant de jeu qui ajoute une bonne dose d’attractivité et d’interactivité à une expo qui, vous le constaterez, fait appel à bon nombre de vos sens.

La visite commence avec l’univers d’Émile et Margot d’Anne Didier, Olivier Muller et Olivier Deloye. Publié au label BDkids de chez Bayard. La série suit les aventures d’un jeune prince et d’une jeune princesse qui vivent, comme le veut la tradition, dans un château. Mais ces deux garnements se montrent désobéissants et fougueux.
“Rire pour éviter à la rigidité des adultes ” telle est l’idée derrière Emile et Margot.

Photo : Rémi Barnault.

Outre de belles planches, nous remarquons plusieurs éléments interactifs. Différentes textures collées aux murs peuvent être touchées. Il est même proposé de composer son propre monstre, à partir de plaques tournantes.

On change radicalement d’ambiance, en entrant dans la salle suivante. On passe sous une voûte, telle une entrée de grotte. L’idée est poussée jusqu’au bout, puisque la luminosité y est très basse. Dans cette ambiance lugubre et inquiétante, on distingue des sons de gouttelettes. Un ours menaçant semble même garder l’entrée de cette “expo grotte”.

La grotte des contes fabuleux de la nuit, c’est un univers manga créé par Miiya Miyako et édité chez Rue des Sèvres.
Il est d’ailleurs possible d’y consulter l’ouvrage “La Louve”, du même auteur.

Photo : Rémi Barnault.

Arrive ensuite la salle nommée "Le manoir de Benjamin Lacombe, qui présente aussi des œuvres d’Étienne Friess, Stan Manoukian, Isabelle Mazzanti et Marco Mazzoni. Ce "manoir" nous propose notamment d’admirer dans une vitrine une magnifique sculpture de La Belle et la Bête. Cette partie de l’exposition met notamment en lumière l’encyclopédie du merveilleux et les classiques illustrés d’Albin Michel.

Nous entrons par la suite dans l’univers fantastique et décalé d’Émile Bravo et de sa BD Les Ours Nains, dont le dernier opus “Les 7 Ours Nains contre le gros méchant loup” est sorti en novembre dernier. Ici encore, nous retrouvons des planches originales sous verre. Dans cette partie de la visite, il est proposé de dessiner son propre ours nain, en s’inspirant du modèle... ou non.

À votre tour de créer votre ours nain.
Photo : Rémi Barnault.

Pour Émile Bravo, présent à l’exposition, créer ces histoire c’est comme une forme de thérapie contre les séquelles que laissent les contes et monstres classiques. Aussi, les petits ours sont cités comme "des personnages miroir" de l’humanité, qui partagent de nombreuses caractéristiques avec nous.

L’auteur voit ses créations comme du “recyclage de contes”, qu’il s’amuse à mélanger et faire se rencontrer à travers ses histoires. Il trouvait bizarre que dans le conte original de Boucle d’or et les trois ours, ces derniers boivent de la soupe. C’est ainsi qu’il décide de s’en moquer, avec toujours une certaine finesse et justesse dans le dernier tome de sa série.

La visite se conclue par le passage dans la pièce consacrée à La Quête, de Frédéric Maupomé et Mannaert

Jeu de plateau tiré de l’univers de La Quête.
Photo : Rémi Barnault.

Wauter, dont le deuxième tome la BD sort en février. Cette jeune saga raconte l’histoire de Pelli, jeune descendant du roi Pellinor, qui comme son ancêtre avant lui, doit partir traquer “la bête”.
Cependant, contrairement à ce que l’on pourrait croire, ce n’est pas en cheval que le jeune homme part à l’aventure, mais en scooter.

Photo : Rémi Barnault.

On apprend notamment que dans une quête, le plus important c’est sûrement le chemin parcouru et non la destination finale.

En outre, cette grande balade qu’est « La BD règle ses contes » met bien à l’honneur les différents univers avec sa scénographie maîtrisée. Pour une exposition jeunesse, l’angle ludique avec les différentes activités est pertinent et l’idée est un très bon prétexte d’expo groupée. Cette exposition offrant plusieurs niveaux de lecture, devrait autant plaire aux adultes pour les riches anecdotes et les références aux contes d’antan, qu’aux enfants notamment pour le côté ludique de la visite.

On “conte” sur vous pour visiter cette belle exposition qui se termine dimanche deux février en même temps que la clôture du festival.

Illustration d’Emile Bravo réalisée spécialement pour l’exposition.

Par Rémi BARNAULT

Cet article reste la propriété de son auteur et ne peut être reproduit sans son autorisation.

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Code EAN :

La BD règle ses contes - Du 30 janvier au 02 février - Quartier jeunesse - Quai de la Charente, 16000 Angoulême.

COMMISSARIAT :
Benjamin Roure & Romain Gallissot

SCÉNOGRAPHIE :
Elodie Descoubes

France Angoulême 2025
 
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PAR Rémi BARNAULT  
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