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Le récit reprend à partir de l’épisode du légendaire trésor de l’empereur Maximilien, emporté du Mexique par Bouncer et ses compagnons. Comme le trésor des Sudistes dans les aventures de Blueberry, ces lingots d’or exercent une force d’attraction assez puissante pour que plusieurs bandes rivales mettent à feu et à sang Barro-City. Une force qui n’a rien de mystique car ces bandes veulent simplement s’en emparer, aidés en cela par les plus cupides des habitants.
Comme dans tous les bons scénarios, chaque détail sert à quelque chose, même le déluge cataclysmique qui ouvre le récit et fait la couverture. Les traditionnels problèmes de raccord sont résolus avec désinvolture : la prothèse offerte à Bouncer dans l’épisode précédent dysfonctionne très vite ; son épouse Yin-Li, autrefois championne d’arts martiaux, ne sait plus se défendre.
Plus brutalement encore, Jodorowsky se lance dans le massacre généralisé de ses personnages, même les plus attachants : on se croirait dans Game of Thrones. Le héros est constamment dépassé par les événements. Patron de bordel opiomane, il tente en vain de faire preuve d’une haute moralité, contrairement au monde qui l’entoure.
La même liberté insolente règne dans les dialogues qui contiennent des expressions anachroniques, « fumer quelqu’un » (p. 11) ou des mots inventés, comme « tambuse » (p.6) et « bouclard » (p. 12).
Les passages obligés du western sont tous présents : l’attaque de la banque ou de la diligence, les passages au bordel, la foule hystérique et lyncheuse, les autorités débordées, les malfrats de toutes sortes... Ces scènes sont emballées dans le dessin enflammé de Boucq, avec une riche typologie de personnages aux trognes pittoresques et des décors grandioses, comme ces panoramiques à couper le souffle.
En dépit de sa longueur, cette histoire, aussi morbide et enfiévrée que son protagoniste principal, ne lasse pas lors de la lecture, du fait de son rythme enlevé, agrémenté de brillantes astuces. La fin demeure ouverte, qui laisse augurer aussi bien un chant du cygne que le prélude à un nouveau cycle, comme ce fut le cas à la conclusion du tome 5 (2006).
Par Marcelin SWITCH
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