Excellent
14 octobre 2024
Dans le premier tome, le roi nécromancien Aghul avait ordonné à la jeune Bianca et à son maître Thonir de reforger l’épée de la flamme éternelle d’Aduren. Une épée grâce à laquelle un spectre, au service de la royauté du nord, défend les frontières. La situation tourne à l’affrontement, quand des sbires viennent récupérer l’épée. Cela se clôt par la mort du maître et la révélation faite à Bianca qu’elle est une Sintaréenne. Un peuple ancien, puissant par sa magie, qui a disparu.
En possession de l’épée, Bianca réveille, sans le vouloir, l’ancien roi de la Colline aux Plumes. Un squelette géant dans une armure hors norme. Pourchassée, la jeune fille prend la fuite en compagnie de son nouveau protecteur en espérant atteindre l’Atlas, une terre bénie selon son maître.
Dans ce nouveau tome, Bianca traverse les paysages et notamment les Vallées de Borges, avant d’atteindre le Crux au sommet des montagnes. Un point du front opposant le Nord au Sud, dans une guerre qui semble sans fin avec un camp de l’armée d’Aghul. Ce passage est incontournable afin de poursuivre la route vers l’Atlas. Comment faire pour passer inaperçu avec un ancien roi de la taille d’un troll et une épée géante ?
Même s’ils parvenaient à survivre à l’épreuve, ils seraient contraints de s’aventurer dans des cavernes interdites de la montagne où ceux qui s’y aventurent ne reviennent pas. Et les sbires d’Aghul sont toujours à sa poursuite. Le danger est partout.
Sur le plan graphique, Crom, qui assure à la fois le dessin et la couleur, continue de lécher son trait avec une inspiration tirant vers l’auteur Mike Mignola. Il affirme cependant son propre style avec davantage de précisions et des contours à la visibilité nette. L’autre influence est celle du manga qui ressort très clairement dans le chara design de certains personnages, notamment les spectres ou la première sorcière du pendule.
Avec les aplats de couleurs vives, en témoigne la couverture du tome, les planches connaissent des ambiances qui parfois tranchent avec l’esprit de la fantaisie noire, mais cela rend fort bien. Les saints, l’équivalent des spectres pour les forces du Sud, font penser à des personnages de Warhammers 40 000. La magie de la lumière, et les tuniques des soldats faisant références aux ordres des croisés ou à l’Inquisition, laissent entrevoir un univers possiblement fanatique au-delà des montagnes.
Depuis le début du récit, on nous décrit les forces du Sud comme le mal à combattre. Or, le roi nécromancien, les spectres et leurs sbires nous inclinent à interpréter ce camp comme celui du mal. Un retournement de valeurs comme le veut la fantaisie noire, voire une absence de manichéisme et de morale. On en saura davantage dans les tomes suivants.
Sur le plan narratif, on comprend que, comme sur l’aspect graphique, l’auteur a absorbé de très nombreuses références qu’il a su repenser intelligemment ou limite à des éléments qui ne viennent pas perturber le récit. Des références à la trilogie du Seigneur des anneaux parsèment les deux premiers tomes, tandis que les profondeurs des montagnes emploient des forces d’inspiration chthoniennes. Les auteurs citent d’eux-mêmes les références de Hayao Miyazaki ou encore le jeu vidéo Dark Soul.
La narration demeure finement rythmée et haletante. L’univers est toujours aussi réjouissant par ses créatures, son folklore - mis en scène lors des interchapitres -, ainsi que ses personnages atypiques (le général Caiman Raksarsivian…). La trame principale est captivante et les nombreuses questions qui restent en suspend, notamment sur le peuple du Sud et l’Atlas, donnent plus que jamais envie de se procurer le 3ème volume. La version française devrait paraître l’année prochaine puisque la version originale va d’ores et déjà être publiée d’ici fin novembre, aux États-Unis.
La série Birdking est faite pour toutes celles et tous ceux qui apprécient les références aux univers de la culture populaire mondiale que nous avons pu citer, qui affectionnent le sous-genre de la fantasy qu’est la fantaisie noire. Ce récit ne révolutionnera absolument pas ce mouvement esthétique et littéraire, mais porté par le dessin et un je-ne-sais-quoi d’une redoutable efficacité, Birdking marque et fascine durablement. Si bien que nous vous en recommandons chaudement la lecture. Une excellente série de comics qui, espérons-le, saura conclure.
Par Romain GARNIER
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Birdking, Livre 2 de Crom & Daniel Freedman
En librairie depuis le 04 septembre 2024.
Bande dessinée publiée aux éditions Les Humanoïdes Associés
152 pages - Format 19.5 x 1.6 x 28 cm - 19,95€
Chronique sur la série Birdking :
– Birdking : un mix entre Game of thrones et l’univers de Mike Mignola, de Kelian Nguyen
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