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Battle Beast T.1 : La boucherie cosmique qu’on attendait !

Par Quentin GUILLIER Excellent 17 juillet 2026 
L'univers d'Invincible s'étend avec fracas ! Si la saga principale brille par son justicier adolescent à la force écrasante, elle est aussi connue pour sa galerie de personnages ultraviolents. Parmi eux, Thokk, alias Battle Beast, occupe une place de choix. Bonne nouvelle : le guerrier le plus létal de la galaxie a enfin droit à sa propre série, scénarisée et dessinée par les créateurs d'origine, Robert Kirkman et Ryan Ottley. Alors, ce premier tome édité chez Delcourt est-il la boucherie cosmique tant espérée ?
Battle Beast T.1 : La boucherie cosmique qu'on attendait !

Avant de plonger dans les effusions de sang, il est important de situer ce récit. Ce spin-off vient combler un vide majeur dans la chronologie de l’univers. L’histoire se déroule en effet juste après la toute première apparition de Battle Beast sur Terre, ce qui correspond à la période située entre les épisodes 16 et 55 du comic d’origine. Pour rappel, notre anti-héros félin avait littéralement massacré Invincible et les Nouveaux Gardiens du Globe en une poignée de minutes, avant de repartir dans les étoiles, terriblement frustré par la faiblesse affligeante des héros terriens.

C’est exactement dans cet état d’esprit que ce tome 1 nous récupère. Thokk est reparti dans l’espace, plus insatisfait que jamais. Ce qu’il faut comprendre avec Battle Beast, c’est qu’il n’est pas un simple antagoniste assoiffé de pouvoir ou de richesses. C’est un guerrier maudit par sa propre physiologie et par une philosophie presque religieuse du combat. Son unique but est de trouver un adversaire plus fort que lui pour lui offrir la seule chose qui a de la valeur à ses yeux : une mort glorieuse sur le champ de bataille.

Sa quête suicidaire le mène très vite aux Blood Games (« Jeux de Sang »), un tournoi de gladiateurs organisé à l’échelle planétaire où s’affrontent les pires bouchers de la galaxie. C’est évidemment le prétexte parfait pour un festival d’hémoglobine. Cependant, l’histoire ne se résume pas à un bête enchaînement de combats d’arène. Kirkman construit un véritable récit de Dark Space Fantasy autour de son fauve.

Thokk voyage à bord d’un vaisseau piloté par une intelligence artificielle particulièrement sarcastique, qui tente souvent, en vain, de jouer les garde-fous face aux pulsions destructrices de son maître. Sur sa route sanglante, le guerrier va être embringué malgré lui dans des intrigues politiques qui le dépassent. Il croise notamment le chemin de Salaka, un prince extraterrestre déchu prêt à tout pour récupérer son trône, qui voit en Battle Beast l’arme de destruction massive idéale pour sa vengeance. Ajoutez à cela une mystérieuse sorcière aux intentions troubles manipulant tout ce beau monde en coulisses, et vous obtenez un cocktail explosif. Évidemment, Thokk se contrefiche royalement des complots et des destins royaux. C’est d’ailleurs ce décalage constant entre les intrigues spatiales complexes des personnages secondaires et la simplicité brutale de notre héros qui crée tout le sel, et souvent l’humour très noir, de ce premier arc.

Ce premier essai est une réussite totale. Visuellement, c’est une véritable claque. Ryan Ottley prouve une fois de plus son immense talent. Si son travail était déjà impressionnant sur la série mère, son trait gagne ici encore en dynamisme. Le design des créatures extraterrestres est d’une richesse folle, et le curseur de la violence est poussé à son paroxysme. C’est gore, les démembrements s’enchaînent à chaque page, mais l’action reste d’une lisibilité et d’une fluidité exemplaires. Le tout est magnifiquement sublimé par les couleurs d’Annalisa Leoni, qui apportent des teintes spatiales particulièrement vibrantes.

Sur le plan du scénario, Robert Kirkman maîtrise son sujet d’une main de maître. Il réussit le tour de force de nous attacher à une brute épaisse qui ne vit que pour tuer. Le développement de l’univers est passionnant, nous en faisant découvrir davantage sur la race de Thokk et les racines de sa soif de sang. Et sans trop en dévoiler, le dernier chapitre lâche un cliffhanger monumental qui connecte directement cette quête aux enjeux colossaux de la saga principale.

Par Quentin GUILLIER

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Code EAN : 9782413093565
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