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Angoulême 2026. En route vers Angoulaime !

Par Didier PASAMONIK 23 janvier 2026 
Un festival, c’est avant tout un public. Alors nous allons y aller cette année-ci pour le rencontrer, peut-être moins intensément, peut-être moins longtemps, sans faire la file devant les expositions, sans les remises de prix protocolaires, sans stress, peut-être mieux découvrir la ville, ses commerçants et ses recoins insoupçonnés. Oui, on y va, parce que les problèmes de gouvernance du Festival international de la bande dessinée d’Angoulême ne doivent pas nous faire oublier que nous y avons tant de souvenirs : des rencontres merveilleuses, de splendides émotions qui sont le fait de chacun d’entre nous, lecteurs passionnés, auteurs et autrices issus d'un milieu interprofessionnel qui nous a toujours fait vibrer. Alors, adieu « Angoulhaine », et bonjour « Angoulaime », on arrive !

Privé de festival officiel, Angoulême n’en demeure pas moins, fin janvier 2026, une ville de bande dessinée. Au centre de cette effervescence, les librairies jouent un rôle clé : lieux d’accueil des auteurs, espaces de rencontres, points de diffusion éditoriale et de débat critique. Pendant le Grand Off (29 janvier – 1er février 2026), elles deviennent de véritables scènes culturelles, complémentaires des expositions et performances disséminées dans la ville. Elles jouent pleinement leur rôle de carrefour éditorial, accueillant des auteurs de tous horizons – bande dessinée patrimoniale, création contemporaine, jeunesse, roman graphique – et attirant un public large, du lecteur occasionnel au professionnel du secteur. Les plannings précis, volontairement souples, sont affichés sur place ou diffusés au fil de l’événement. Pas facile de s’y retrouver, mais qu’importe. Le plaisir au hasard.

Angoulême 2026. En route vers Angoulaime !
Sur la place du Champ de Mars, cet appel à la souscription d’une statue en hommage à Will Eisner, une initiative de Magelis et de la Cité de la BD. Une statue qui sera rejointe dans quelques années par une autre en hommage à Tezuka !

Les libraires au cœur du dispositif

Institution locale, la Librairie Cosmopolite s’impose comme l’un des pôles majeurs du Grand Off. Durant quatre jours, elle déploie un programme dense avec des séances de dédicaces en continu, des présentations d’ouvrages et de planches, et des rencontres informelles avec les auteurs.

Les auteurs en dédicace à la librairie Cosmopolite. Pas loin d’une centaine !

Dans la galerie du Champs de Mars, deux expositions : Isabelle d’Angoulême, la BD de Claudio Montalbano et Sophie Fougère (Glénat) et une autre sur les comics sur le groupe Iron Maiden.

Sous le nez d’Hergé, la dynamique librairie Manga Kat

Presque sous le nez de la statue d’Hergé, place Marengo, la librairie Manga Kat se distingue par une atmosphère décontractée et un public souvent plus jeune, mais aussi par sa capacité à mélanger création indépendante, manga et bande dessinée franco-belge.

Pendant toute la durée de l’événement, elle accueille des dédicaces d’auteurs BD et manga, animations maison (dont le principe du « Dédikatz », favorisant la rotation et la convivialité), échanges informels avec les lecteurs.

Une sacrée liste d’auteurs y sont attendus -ils sont quelque 90 !- dont la majorité se rendra sur le stand du libraire dans l’Espace Franquin. Jugez-en : Dimitri Tsekenis, Rosalie Stroesser, Benoit Dahan et Cyril Liéron, Naokuren, Stéphanie le Chevalier, Silki, Gighie, Maxime Gendron, Mecchi, Milo Laville, Anna Apparicio, Karensac et Thom Picot, Olivier Deloye, Yoann Kavege, Stéphane Servain, Vincent Perriot, Elodie Portela Vidal, Frédéric Peynet, Geoffroy Monde, Jean-Emmanuel Vermot-Desroches, Léonard Chemineau, Maria Isabel Ospina, Mayana Itoiz, Quentin Rigaud, Sandra Cardona, Serge Letendre, Wilfrid Lupano, Yllogique, Alain Ayroles, Thierry Leprevost, Richard Guérineau, Coline Hégron, Ismaël Legrand, Jerome Lereculey, Yunbo, Carole Maurel, Dominique Bertail, Jean-David Morvan, Edouard Cour, Lucas Varela, Vero Cazot, Yoon-Sun Park, Aucha, Théo Grosjean, Luciano Damiano, Aurélien Fernandez, Petit Pied, Thorn, Benjamin Bachelier, Daniel Casanave, Stephane Melchior, Dav’, Hervé Bourhis, Loui, Vaiana Hinault, Elodie Shanta, Yann Cozic, Paul Echegoyen, Boris Guilloteau, Diane Truc, Fudo, Lo.Cass , Tibo, Giuseppe Liotti, Ozanam, Janis Doe, Tarmasz, Chariospirale, Adrien Demont, Khoo Jade, Cécile Koa, Christian Ung, Elliot Philips, Emma De Visme, LOCASS, Reina Faider, Suonäcy, Maxima, Anaïs Halard, Patrick Hitte, Caly, Nathanael Bentura, Isao Moutte, Jérôme Lavoine, Toni Carbos, Thierry Smolderen, Koe’ et Yello, Sandrine Revel, Maxime Truc, Yoann Vornière. Un vrai festival ! On pourra également s’intéresser à une exposition autour du manga culte Gen aux pieds nus en cours d’édition aux Editions Le Tripode.

Chez Manga Kat, une exposition sur "Gen aux pieds nus" de Keiji Nakazawa.

Enfin, la librairie proposera vendredi, samedi et dimanche après-midi son jeu dessiné Dédikatz, qui consiste pour le public à deviner le thème du dessin fait en direct par l’artiste pour le remporter ! Ce sera vendredi de 15h à 19h et dimanche de 14h à 18h à la salle Méliès de l’Espace Franquin mais attention, le samedi changement de lieu, ce sera à la Médiathèque Alpha de 16h à 17h30. Faut suivre !

Plus discrète dans sa communication, L’Île aux images n’en reste pas moins un acteur important du Grand Off. Ici, il prend une tonalité plus réflexive : la librairie fonctionne comme un lieu de débat, où la bande dessinée est abordée autant comme objet artistique que comme outil de pensée critique. Là encore, des dédicaces avec notamment au casting Sophie Guérrive, Pauline Pernette, Marie Kerascouët, Olivier Deloye…

À leur manière, Cosmopolite, Manga Kat et L’Île aux images incarnent trois visages complémentaires de la bande dessinée : le grand public, la culture populaire et la création engagée. Ensemble, elles rappellent que, même sans festival officiel, la bande dessinée continue de s’inventer et de se partager, au comptoir des librairies.

Les institutions culturelles d’Angoulême

L’annulation du Festival international de la bande dessinée d’Angoulême n’a pas provoqué un vide, mais une recomposition brutale du paysage institutionnel. En l’absence d’un opérateur central, ce sont les lieux culturels publics et parapublics qui assurent, de fait, la continuité symbolique et fonctionnelle de la « capitale charentaise de la BD ». Une situation inédite, révélatrice des tensions structurelles entre événementiel, institutions et création.

Ainsi le Musée de la bande dessinée et la Cité internationale de la bande dessinée et de l’image, invisibilisés chaque année par le FIBD, illustrent bien la stabilité institutionnelle. Pas de programmation spécifique estampillée Grand Off, pas de prise de parole politique explicite, mais une ouverture continue des expositions majeures, dont l’exposition Bretécher conduite par Anne-Hélène Hoog et Michel Lieuré dont nous avons déjà parlé.

Et avant une grande exposition sur les 40 ans des éditions Delcourt, on peut voir l’exposition Wilfrid Lupano « En slip et contre tout » dont nous avons aussi parlé dans nos pages il y a quelques semaines.
Ce positionnement dit beaucoup : le musée assume son rôle patrimonial, mais refuse de se substituer à l’événement. Il garantit la permanence culturelle sans entrer dans le débat public. Pour ne pas tirer sur l’ambulance du FIBD, l’exposition rétrospective des 40 ans de Delcourt, est repoussée au début de février, après l’événement du Off. Une neutralité qui peut se lire comme une prudence institutionnelle, mais aussi comme le symptôme d’un établissement encore largement dépendant de décisions politiques et budgétaires locales ou nationales.

Quant à la librairie de la Cité, elle n’est pas non plus exempte de dédicaces pendant le Off. la liste des auteurs invités en témoigne : Lucile Arhweiller, Alexandre Arlène, Mathieu Burniat, Yann Cozic, Lorenzo Chiavini, Katherine Ferrier, Jonathan Garnier, Julie Gore, Emmanuel Lantam, Serge Monfort, Miss Patty, Judith Peignen, Pauline Pernette, Stéphane Servain, Elodie Shanta, Yoon Sun Park et Bryan Talbot. Plus d’infos sur le site de la Cité.

Fluctuat Nec Mergitur  : Le Vaisseau Moebius, adossé à la Cité de la BD (c’était là que se trouvait l’ancien Musée d’avant 1991), joue aussi sa partition. Il aborde cette année avec une ravissante exposition Benjamin Rabier (1864-1939), ce pionnier de la Ligne claire dont vous connaissez le travail forcément : La Vache qui Rit, c’est lui ; le Canard Gédéon, c’est encore lui. C’est le meilleur animalier du début du XXe siècle. Son graphisme influencera durablement un certain… Hergé, dans Tintin au Congo notamment.

Quatre autres expos ne sont visibles que durant les quatre jours du Off, cette première se prolongeant jusqu’au mois de mars. Un programme dense, largement orienté vers les formes expérimentales, immersives et collectives de la création graphique contemporaine.

Fondées par Olivier Crépin et actives entre 2012 et 2023, les éditions Rutabaga ont exploré une voie singulière, à rebours des standards de l’édition classique, celle de créer des livres-objets conçus comme des expériences de lecture : ouvrages à coudre et découdre, récits circulaires, histoires combinatoires. Dans l’expo Maison Rutabaga : la bande dessinée comme objet à manipuler, la matérialité du livre n’est pas un support neutre mais une composante narrative à part entière.

Chez ActuaBD, cela fait longtemps que l’on connaît le formidable travail du dessinateur Stéphane Blanquet. Le Train fantôme de Stéphane Blanquet propose à l’occasion du Off une installation immersive où le visiteur devient acteur. Installé dans de petits wagonnets actionnés par pédalage, le public traverse un dispositif mêlant art forain, imagerie pulp et références préhistoriques. Jeux de miroirs, illusions d’optique, théâtre d’ombres et motifs hypnotiques composent un parcours sensoriel qui brouille les frontières entre bande dessinée, art contemporain et spectacle.

Présentée à la Maison des auteurs, l’exposition annuelle des résidents reflète la diversité des profils accueillis de continents et de pratiques variées. L’édition 2026 donne à voir les projets développés au cours de l’année écoulée et témoigne de la vitalité d’un lieu conçu comme un espace de recherche, d’échanges et de production souvent invisibilisés pendant les festivals successifs. L’exposition se prolonge jusqu’au 8 mars 2026.

Le collectif DIG (Digression Imaginaire Généralisée) investit le hall du Vaisseau Moebius (face à la passerelle) avec Îles de Digression, une fresque monumentale conçue comme un gigantesque «  cherche-et-trouve ». Ce travail collectif, ludique et foisonnant, invite à une lecture non-linéaire de l’image, proche des pratiques numériques développées par le collectif sur les réseaux sociaux.

Dernière proposition de ce parcours, L’Extraordinaire disparition de Winsom Nowhere plonge le visiteur dans l’univers d’un dessinateur fictif à l’aura de figure-culte. De sa naissance dans une caravane de forains en Nouvelle-Angleterre à sa disparition mystérieuse dans le Paris de l’entre-deux-Guerres, l’exposition s’appuie sur une reconstitution d’intérieurs et sur de nombreux documents (lettres, dessins, objets) pour interroger le geste créatif et la mythologie de l’artiste. De la fiction ludique pure.

L’Hôtel Saint-Simon accueille pour sa part Brunilda a la Plata – Genis Rigol, La Timidité des arbres de Dimitri Tsekenis et Hajar Moradi.

Les villages d’éditeurs

C’est sans doute à l’Espace Franquin que s’opère le glissement le plus net. Lieu historiquement polyvalent, il devient en janvier 2026 une scène centrale non officielle : salon d’éditeurs indépendants, concerts dessinés, performances graphiques, propositions familiales. Ce n’est plus un simple équipement culturel mis à disposition du FIBD (on l’oublie parfois) : il devient un outil de substitution événementiel, assumant des fonctions que le festival ne remplit plus. Le collectif Les Indépendants prendra place au sein du Grand Off, en s’installant à l’Espace Franquin, dans le cadre du Salon Corto Maltese, du 29 janvier au 1er février 2026.
Cet espace d’expression privilégié pour la création indépendante, en l’absence des grandes structures éditoriales, vous fera rencontrer auteurs, illustrateurs et éditeurs alternatifs qui défendent des démarches singulières, souvent expérimentales, interrogeant les formes, les récits et les modes de production de la bande dessinée contemporaine.

À l’inverse, le Lieu Utile, place du Champ de Mars, habituellement caché par les « bulles » des grands éditeurs, assume pleinement sa dimension politique. Expositions militantes, débats, hommages à la presse satirique, rencontres engagées : ici, la bande dessinée est outil critique, espace de conflictualité assumée.

Le Lieu Utile sur la Place du Champ de Mars, un bel espace d’ordinaire caché pendant le FIBD. Ce sera un des centres névralgiques du Grand Off.

Le Lieu Utile devient le parlement officieux du Grand Off, là où se formulent les critiques sur la précarité des auteurs, la concentration éditoriale, la gouvernance du FIBD ou la place des institutions. Ce rôle, marginal autrefois, devient central en 2026 : c’est là que la BD parle d’elle-même, sans médiation institutionnelle.
Des conférences, sur l’usage de l’IA ou sur l’avenir du festival (« Comment sortir le Festival d’Angoulême de sa bulle ? », une rencontre-débat dont ActuaBD est partenaire, on vous en reparle bientôt….) mais aussi des dédicaces avec Alain Ayroles, Mezzo, Masbou, Lolmède, Marazano, et d’autres sont prévues. Des expositions : « Richard & Rachel Marazano », « Les Sous-bocks de Laurent Lolmède, « L’An 01 de Gébé », « Les 30 ans de prix Tournesol » et l’ « Hommage à Edika » sont au menu. Le Prix Tournesol y sera proclamé cette année.

Bernard Lambert, l’un des artisans de ce Grand Off, dans Le Lieu Utile

Le Off « canal historique »

Cette année, le « Off of Off » logé depuis des années dans la Maison Isabelle, au 37 de la rue Hergé, s’ouvre le vendredi à partir de 10h au samedi 2h du mat. Les Requins Marteaux, Ouï dire, Le Monte en l’air, Rouquemoute, Cornaline, Zélium et Bikini Éditions y campent avec leurs auteurs du jeudi 10h au dimanche 17h.

Le Off of Off existe depuis longtemps. C’est là que, chaque année, l’on remet le Prix Schlingo et le Prix Couilles au cul. Florence Cestac, Grand Prix d’Angoulême, Fred Felder, éditeur des Requins Marteaux et amuseur public, et Yves Poinot, ancien président du FIBD.

Trois expos : Adjim Danngar, Coco et Agathe Halais. C’est une bonne option pour occuper les soirées : DJ le vendredi et Afterwork le samedi de 18h / 21h groupes 5A22 lunge acoustique, avec le fameux bar de la place Georges Wolinski et sa petite restauration marocaine : salé, sucré. N’oublions pas les célèbres Prix Schlingo et Couilles au cul remis, comme de coutume le samedi à midi 6 minutes précises !

« L’OFFice de tourisme de la BD » est situé dans les locaux de la CCI – Chambre de Commerce et d’Industrie, Place Bouillaud, face à l’Hôtel de Ville. Son timonier est le célèbre Fred Felder, alias Franky Balooney, directeur artistique pour le FIBD aussi éphémère qu’une libellule. Dédicaces : Xavier Besse (vendredi à dimanche), Didier Crisse, Olivier Ledroit, Enrico Marini, Olivier Taduc, d’autres auteurs sont à venir. Samedi : une vente aux enchères pour l’association « Autisme & BD » d’Olivier Ledroit aura lieu. Faites-vous plaisir !

Au programme aussi, une exposition Anouk Ricard, celle que la Bande à Bondoux n’aura jamais, une expo Cosmo Grafika avec Elodie Shanta, «  autrice internationale d’Angoulême ». Felder nous garantit « les conférences les plus ennuyeuses que le 9e Art ait jamais connues ». Ça tombe bien, toujours selon l’inénarrable Felder, elles sont Sold Out  !

Fred Felder, alias Franky raconte dans un roman graphique ses turpides et compromissions avec le monde de la BD. Bientôt son interview sur ActuaBD.

On y exposera aussi le trésor de l’OTBD « avec des planches prêtes par nos membres : Hergé, Pratt, Cestac etc.  » On a hâte de voir cela ! Et puis ce moment fort : la cérémonie des auteurs et des autrices disparues, morts pour le 9e art. C’est le dimanche de 10h a 10h45, suivi d’une déambulation en fanfare dans la ville haute jusqu’au jardin de la mairie. À noter que le magnifique logo de l’OFFice de tourisme de la BD a été réalisé par Cizo, graphiste élégant et raffiné bien connu des amateurs.

Et puis, pour les férus d’art mirlitaire et de marche au pas, le 1er Régiment d’Infanterie de Marine, Boulevard Liedot, accueillera des dédicaces de Julien Hervieux, Marc Lizano, Eric Stoeffel, et Aurélien Bédéneau, tandis que les expositions « Héros de guerre » et « Les Enfants de la Résistance » dont le film est projeté en avant-première le Dimanche 1er février à 14h00 au cinéma CGR rue Saint Roch, fera l’objet d’un Escape Game dédié.

Les plus croyants d’entre nous se partageront entre l’église Saint-Martial où l’on accueille trois expos (Les 40 ans de la BD chrétienne ; L’homme qui plantait des arbre ; Foi et raison / Les Indices pensables) et le Temple où aura lieu exposition et rencontre avec Olivier Balez, Prix de la BD chrétienne pour Vous n’aurez pas les enfants.

La Mairie : présence minimale, responsabilité maximale

La Mairie d’Angoulême reste en retrait. Pas de pilotage direct, pas de programmation artistique propre, mais un soutien logistique et symbolique aux initiatives existantes et un budget cumulé de financement public de près d’un million d’euros. Cette posture prudente traduit un équilibre délicat : il ne faut pas que le maire actuel donne l’impression de se mettre en avant en période électorale : cela pourrait avoir un impact sur ses comptes de campagne. D’autant qu’en face, ses opposants veillent...

La permanence où le maire d’Angoulême, Xavier Bonnefont, tient boutique, rue Hergé.
Plus modeste, la permanence de son principal opposant, Patrick Mardikian, fils de l’un des trois fondateurs du Festival.

En clair, le « Grand Off 2026 » agit comme une sorte de « Stress Test » grandeur nature de la période après-Bondoux , elle révèle la résilience des institutions culturelles locales, leur capacité à coopérer fraternellement, mais aussi les limites d’un écosystème trop longtemps dépendant d’un événement unique.

Angoulême n’a pas cessé d’être une ville de bande dessinée en 2026. Elle a simplement montré que la BD pouvait exister en dehors du festival, dans ses lieux, ses débats et ses missions publiques. Qu’elle doit se prolonger dans tous les supports qui s’offrent à elle aujourd’hui, relever les défis qui se présentent (concurrence étrangère, paupérisation des auteurs, IA, évolution des modes de consommation de la culture...) pour que les créateurs d’aujourd’hui puissent rester prospères tout en exprimant leur créativité.

Reste désormais une question politique centrale : qui pilotera l’événement désormais ? Pour quoi faire ? Et au bénéfice de qui ?

Par Didier PASAMONIK

Cet article reste la propriété de son auteur et ne peut être reproduit sans son autorisation.

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Photos : D. Pasamonik

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