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Très bon
22 mai 2026
Le docu-BD de Tony Lourenço et Elsa Gamblain retrace la trajectoire fulgurante d’Amy Winehouse, chanteuse à la voix unique qui a bouleversé la soul britannique avec seulement deux albums. Marquée dès l’enfance par la séparation de ses parents et l’infidélité de son père, Amy développe très tôt des troubles psychiques (boulimie, dépression) et un mal-être profond, visibles à travers des comportements autodestructeurs qui la suivront toute sa vie.
De tempérament rebelle, celle qu’on surnomme « Hurricane Amy » montre aussi une maturité musicale précoce. Sa grand-mère paternelle, Cynthia, dont elle est très proche, encourage et nourrit ce penchant en inscrivant la jeune rebelle à l’école de théâtre. Elle s’y épanouit tant bien que mal et développe son talent artistique.
Sorti en 2003, le premier album d’Amy, Frank, reflète l’univers musical de la jeune femme de 20 ans qui s’est construit autour de ses blessures et de son vécu intime. L’album est salué pour son authenticité, mais le succès ne parvient pas à apaiser les démons d’Amy : sa sensibilité à fleur de peau la rend vulnérable aux excès en tous genres.
Sa rencontre avec l’amour de sa vie Blake Fielder-Civil, puis avec le producteur Mark Ronson en 2005 marque un tournant décisif dans la vie d’Amy Winehouse. Plongée dans la dépendance aux drogues dures, auxquelles l’a initiée Blake, qui la quitte après six mois de relation intense, elle puise dans sa douleur pour écrire Back to Black, chef-d’œuvre musical très sombre, produit par Ronson, où elle se met à nu.
Mais, malgré une reconnaissance mondiale, elle ne parvient pas à se libérer de ses addictions, et la mort de Cynthia en 2006 n’arrange rien. En hommage à celle qu’elle a toujours admirée et qui était son repère dans la vie, elle développe le style unique de pin-up sixties qui l’a rendue célèbre, avec sa beehive et son trait d’eye-liner, avant de mourir prématurément à 27 ans.
Bien que sa vie ait été courte, il y a beaucoup à dire sur Amy Winehouse, et Tony Lourenco et Elsa Gamblain ne s’y sont pas trompés. Avec l’aide de plusieurs dessinatrices et dessinateurs (Alex-Imé, Anabel Rossi, Anne Royant, Anne-Perrine Couët, Gilles Pascal, Juliette Vaast, Madd, Margherita Petrucci, Mayeul Vigouroux, Pierre Radice, Sandrine Fourrier, Pauline Bertrand, Zulema Scotto Lavina, Laurine Lestrat et Benjamin Blasco-Martinez pour la couverture), ils ont découpé la vie de la chanteuse en 16 parties, qui mettent en lumière tour à tour des moments ou des personnages clés.
Chaque section est composée de quelques planches de BD sur trois à quatre pages maximum et d’une double page documentaire illustrée de photos d’archives. La variété des dessins proposés permettra à tout un chacun de trouver son bonheur, sachant que la majorité des planches sont faites au crayon et que les couleurs sont souvent saturées ; à l’image du vécu de l’artiste.
L’alternance BD/documentaire étant fréquente, la lecture s’en trouve hachurée. Ceux qui aiment prendre leur temps et savourer un chapitre par-ci par-là s’en réjouiront, quand les fans de docufictions lues d’une traite pourront s’en agacer.
L’ensemble propose cependant une biographie d’excellente qualité, qui retranscrit bien la descente aux enfers et le côté « étoile filante » de la vie d’Amy Winehouse, qui a brillé très fort avant de s’éteindre trop tôt. Un must-have pour tout fan de musique !
Par Gaëlle BEDIS
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