Erreur d’exécution squelettes/sqtc/inc-head.html
Lorsque le FBDM s’est organisé pour la première fois sur la pelouse du Parc La Fontaine, avec quelques tentes battues par la pluie, il n’avait pour seule ambition que d’être un petit rassemblement d’auteurs. Lancé par François Mayeux, fondateur de la librairie Planète BD et Myriam Lalumière, figure centrale de l’organisation culturelle au Québec, le festival a rapidement grandi en taille et en ambition, jusqu’à s’installer sur la rue Saint-Denis, sur le plateau de Montréal.
Une édition Rollercoaster
En dépit des difficultés financières et des changements de calendrier pour cette édition 2026, le FBDM est plus populaire que jamais, et de nouveaux financements ont été accordés tout au long de l’année, ayant notamment permis d’envoyer une délégation en Suisse à l’occasion du festival BDFIL (mais ça, vous l’avez déjà lu dans nos pages !).
ActuaBD a pu s’entretenir avec la directrice générale du FBDM, Mélanie La Roche, figure majeure du festival depuis 2022, qui nous a tout raconté dans les moindres détails. Un podcast à découvrir sur ActuaBD.
Une enchère-anniveraire !
Cette année marquait le 15e anniversaire du FBDM, et l’événement a accompagné la fête grâce à une enchère en ligne exceptionnelle, qui a permis de récolter plus de 11 000 CAN$ ! Pendant le mois précédant le festival, les visiteurs ont pu s’affronter aux enchères et ainsi remporter planches originales, dessins dédicacés, et collections de livres. Tous les lots ont été gracieusement offerts par les auteurs et les éditeurs qui font vivre le festival depuis tant d’années déjà.
Parmi les lots disponibles, on a pu retrouver la couverture originale du UTown de Cab, illustrations originales, rencontres privées avec des auteurs, ou encore des bons d’achat auprès des éditeurs : Pow Pow, Nouvelle Adresse, La Pastèque... le festival a fait bien des heureux et a pu renflouer ses caisses, que du gagnant-gagnant !
Les artistes à l’honneur
Le FBDM est porté, comme tout festival de BD qui se respecte, par ses artistes. 340 bédéistes ont participé à cette édition 2026. La rue Saint-Denis a ainsi accueilli moult séances de dédicaces sur ses stands ; certaines comme Michel Rabagliati ont même créé une file d’attente qui a fait le tour du bloc ! Là où certains artistes alternaient entre les stands (Cathon qui était à la fois chez Pow Pow et chez Comme des Géants), d’autres avaient leur propre table, dont Catherin (prix Bédélys Québec 2025) ou encore Julie Rocheleau, l’artiste derrière l’affiche de l’édition 2026. Cette dernière nous a raconté son processus de création : « je voulais mettre en avant le printemps, le changement, la renaissance ; le papillon qui sort d’une chrysalide est une métaphore de l’acte créateur, de tout le travail invisible qu’on fait avant de livrer le projet final. »
Mais les artistes n’ont pas été que de simples marchands de dédicaces ! Beaucoup ont également animé des activités tout au long du weekend. On a par exemple eu droit au retour de la Fab à dessin, un espace sponsorisé par Télé-Québec, où des bédéistes ont pu dessiner et répondre aux questions du public en direct. D’autres espaces de dessin ont été mis à disposition du public, qui ont pu dégainer crayons et stylos et laisser cours à leur imagination. Enfin, notons les lectures publiques, où les artistes offrent une performance de lecture de leurs travaux. On a notamment pu y retrouver Elizabeth Pich, qui était de passage à Montréal sous la bannière de sa série War and Peas, en collaboration avec Jonathan Kunz.
Une Exposition internationale !
Qui dit édition anniversaire dit exposition à la hauteur ! Cette année, le FBDM a décidé de prendre le pas de la rétrospective. Déjà présentée à BDFIL, l’exposition « Confluence » occupe cette année un pan de la rue Saint-Denis. Le commissaire François Vigneault a justifié le choix du titre en expliquant qu’il fallait un mot bilingue qui évoquait une connexion. Les fleuves étant des éléments importants du paysage québécois (notamment le fameux fleuve Saint-Laurent), le terme « Confluence » a finalement été retenu. François Vigneault insiste notamment sur l’identité autochtone de la région de Québec, où plusieurs Premières Nations se rassemblaient déjà il y a plusieurs siècles.
L’exposition, divisée en chapitres, revient sur 24 bédéistes québécois, dont Jimmy Beaulieu, Jimmy Suzan, ou encore Julie Doucet. Le commissaire François Vigneault a pris le parti de regrouper les bédéistes en thèmes : l’influence franco-belge avec Delaf, la culture mangas et webcomics de Sophie Bédard, ou encore la BD jeunesse d’Alex A.. À travers ces 24 bédéistes, l’exposition met à l’honneur une culture de la BD québécoise unique, au croisement de la francophonie et de l’anglophonie. Le commissaire regrette de ne pas avoir pu inclure plus de monde ; il a d’ailleurs confié que, s’il en avait l’opportunité, il pourrait aisément mettre sur pied une deuxième exposition avec 24 autres artistes !
Mais le FBDM n’était qu’un début ! Après BDFIL, l’exposition voyagera tout autour du Canada, à Toronto (Toronto Comic Arts Festival en juin) ou encore dans le nord du Québec. Le format sera similaire, mais adapté en fonction de l’espace disponible ; certaines catégories seront par exemple regroupées et certains bédéistes mis en avant selon les événements. Le commissaire a également manifesté son souhait de voir l’exposition (ou du moins certains de ses panneaux) exposée dans des librairies et des bibliothèques à l’occasion d’ateliers, de séances de dédicaces, de classes de maître... pour l’instant, rien de concret, mais il est certain que Confluence trace encore son chemin, ou dirait-on le lit de son fleuve ! Une exposition anniversaire qui marque 15 ans d’un festival grandissant, « l’Angoulême de l’Amérique du nord » dans les mots de François Vigneault !
En dépit des difficultés auxquelles elle a fait face, l’édition 2026 du FBDM est tout de même un succès. Le festival a dépassé la barre symbolique des 120 000 visiteurs et continue à faire rayonner le 9e art dans la Belle Province. La BD québécoise, à l’identité forte et singulière, continue de se construire au croisement de multiples influences (franco-belge, comics américain, manga japonais, webcomics...). On assiste « en live » à l’émergence et à l’établissement de l’industrie BD de nos confrères francophones d’Amérique du nord ! Nul doute que les grandes figures du FBDM vont continuer à produire des histoires et des albums uniques ! ActuaBD garde l’œil ouvert !
Par Akira OIKAWA
Cet article reste la propriété de son auteur et ne peut être reproduit sans son autorisation.
Nos remerciements à l’équipe du FBDM, aux bédéistes et aux éditeurs pour leur aide, leur soutien, et leur temps.