Erreur d’exécution squelettes/sqtc/inc-head.html
Bon
23 mai 2026
Nouvelle série, Diable Pâle repose sur un concept plutôt original dans le genre western, qui fait florès aujourd’hui dans la bande dessinée comme dans les séries télévisées. Ici, les codes sont inversés, car l’intrigue est présentée du point de vue des Apaches, et non pas des cowboys. Le personnage principal, Taglito, est un jeune blanc qui a été élevé chez les indiens. Ce premier tome, intitulé Et pour quelques Winchester de plus, n’évoque pas son enfance. A-t-il été trouvé, kidnappé, recueilli ? Les lecteurs en sauront certainement plus dans les titres suivants… Dans cet album, Taglito joue un jeu dangereux. Cet indien blanc a pris fait et cause pour le combat de ses frères de sang apaches, dont le territoire a été arbitrairement partagé entre les États-Unis et le Mexique.
Capable de se fondre au sein de la population de pionniers et de colons, Taglito infiltre leurs rangs, manipule aussi bien les bandits que les shérifs, et multiplie les stratagèmes audacieux dans un but bien précis : obtenir des armes pour les livrer ensuite à la tribu qui l’a adopté. Dans son combat, il est aidé par Truth, une redoutable combattante apache, qui veille en permanence sur lui, tout en restant dans l’ombre. Elle est bien évidement d’une grande beauté… Ce duo est complété par Jo l’ivrogne, un ancien… alcoolique, qui est fiable quand il est à jeun, beaucoup moins lorsqu’il a bu. Il semble qu’il ait en partie élevé Taglito… Là-aussi, la situation devrait s’éclaircir au fil des prochains albums.
S’inspirant d’Hitchcock qui disait que plus le méchant est méchant, plus le film est réussi, Vincent Brugeas (La Voie du Glaive, Daemon, Ira Dei, la République des Cranes) a créé un shérif particulièrement retors et pugnace en la personne de Riley Ismael Peabody. Ce dernier, même s’il n’a pas percé à jour les intentions de Diable Pâle, entend bien le dépouiller et le tuer, pour le plus grand profit d’une mystérieuse organisation criminelle. Brugeas a également trouvé une façon originale et efficace d’indiquer au lecteur lorsque les indiens parlent leur langue entre eux. Riche en rebondissements et en violence – une constante dans les westerns BD d’aujourd’hui –, le scénario de ce Diable Pâle réserve de belles surprises, avec en prime un récit qui se conclue à la fin de l’album, ce qui est appréciable pour le lecteur.
Côté dessin, Nicolas Sinner (Horacio d’Alba, Lord Gravestone) fait le job, avec un style bien à lui, notamment pour représenter les scènes d’action. Dans cet album, il a fait le choix d’utiliser des couleurs plutôt saturées, en s’inspirant de la photographie des films de la saga Mad Max, en particulier de Fury Road : c’est chaud, poussiéreux et poisseux ! Contrairement au visuel de couverture visible sur internet, plus clair et plus lisible, celui de l’album, qui est le même, affiche une perte de qualité dommageable… mais qui ne concerne peut-être pas tous les albums.
Par Dominique ERNST
Cet article reste la propriété de son auteur et ne peut être reproduit sans son autorisation.
Diable Pâle, Et pour quelques Winchester de plus – Par Brugeas & Siner – Ed. Lombard