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Aldo et Babette passent leurs journées à jouer ensemble. Le grand frère est très tendre et protecteur avec sa toute petite sœur. Un dimanche, tandis que leur père fait la sieste comme à son habitude, Babette tombe dans la piscine vaseuse. Elle ressort transformée en adorable chimère – ailée, palmée, griffue, cornue, moustachue… Désormais “archéenne”, elle disparaît dans les airs.
Pour réussir à la retrouver, Aldo doit lui aussi trouver les super-pouvoirs en lui. Il est guidé par son nouveau mentor, Luca Ier. Il veut faire d’Aldo un Super A… Un Super Archéen, qui utilise ses pouvoirs pour protéger le vivant et ramener l’équilibre entre les humains des villes et la forêt. Car pour l’instant, Aldo et Babette font des ravages sur leur passage, ne sachant pas encore maîtriser leurs nouveaux pouvoirs…
Les pouvoirs “archéens” font référence à la période qui voit la vie apparaître sur terre il y a 4 milliards d’années et Luca Ier est un clin d’œil à LUCA (Last universal common ancestor) – l’ancêtre commun de tous les organismes vivants sur terre.
Si Jérémie Moreau avait jusqu’ici plutôt l’habitude d’écrire des albums pour adultes pouvant être consultés par des enfants, cette fois-ci c’est l’inverse. Il interroge à hauteur d’enfant, avec légèreté et humour, la crise écologique et le rapport entre l’humain et la nature – thématiques en fil rouge de son oeuvre traitées avec philosophie dans Le discours de la panthère, émotion dans Les Pizzlys, poésie dans Penss et les plis du monde ou magie dans La chambre de Warren.
Aldo et Babette ont l’énergie vitale exubérante de Mei et Satsuki dans Mon Voisin Totoro de Hayao Miyazaki. Ces petites boules de vie tournoient autour de leur papa tout mou et torturé. Jérémie Moreau dessine avec un soupçon d’autodérision cet artiste hirsute, binoclard et perfectionniste qui passe ses journées à faire la sieste et à douter de son talent.
Et puisqu’il questionne les façons d’habiter le monde pour mieux le protéger demain, c’est tout naturellement que Jérémie Moreau s’adresse aux enfants. Il reprend les codes imaginaires et visuels des comics ou des mangas shonen, en laissant de côté les valeurs de combat et de violence. Car les pouvoirs de son petit super-héros sont enfouis au plus profond de lui. La candeur de l’enfance lui permet de les puiser. Ils sont l’héritage de tous ses ancêtres vivants. Pour retrouver sa petite sœur, Aldo parcourt la forêt tantôt ours à l’odorat surdéveloppé, tantôt rapace aux yeux perçants, tantôt panthère aux pattes ultra-rapides.
Toujours émerveillé par la beauté du vivant, Jérémie Moreau dessine une multitude d’animaux mignons, illuminés par les effets Pantone fluo caractéristiques de son travail depuis Le Discours de la panthère, Les Pizzlys ou Alyte.
Cette ôde à la candeur de l’enfance comme unique façon de réinventer notre lien au vivant se poursuivra dans le tome 2, à paraître en janvier 2026, toujours dans la collection Ronces (dont Jérémie Moreau est le directeur) d’Albin Michel Jeunesse.
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Super A T. 1 - Par Jérémie Moreau - Ed. Albin Michel
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