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Un matin, les ami.e.s d’Ahnah et son amoureux.se Charli roulent à travers la forêt pour rejoindre la ferme où elle vivait avec ses parents. Un an plus tôt, un soir d’été, Ahnah a pris la voiture et elle est partie, sans jamais revenir. Personne ne sait ce qu’elle est devenue, ni si elle est encore vivante.
Ses proches décident de passer la nuit dans la clairière chérie par Ahnah. Le bivouac devient une célébration de l’amour et de l’amitié. Les pages au clair de lune sont entrecoupées de bribes de souvenirs partagées, au bord de la rivière où la disparue aimait se baigner, sous les branches de l’arbre qu’elle avait décoré de guirlandes faites de bric et de broc.
De la douceur de son crayon gris et de la peinture à l’huile diluée, Joanna Lorho caresse le thème du deuil sans l’aborder frontalement. Comment faire son deuil lorsqu’on ne sait pas ce qu’il s’est passé ? Est-on obligé de le faire ? L’autrice basée à Bruxelles balaie l’idée selon laquelle le deuil est un processus duquel on vient à bout. Charli hésite d’ailleurs à chercher des réponses dans le journal intime abandonné par son amoureuse et pressent qu’iel n’oubliera jamais complètement.
La beauté de ce roman graphique réside dans l’acceptation de l’incomplétude. Bébé trouvé dans un panier au bord de la rivière par un couple vieillissant, Ahnha est partie comme elle est venue, sans prévenir et sans explication. Celleux qui l’ont aimée devront apprendre à vivre sans elle et sans réponse.
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À Travers la nuit - Par Joanna Lorho - Ed. L’employé.e du moi