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Très bon
25 mai 2026
Avec cet album, Eric Stalner propose de revisiter « l’avant » de ce fait social des années 1930 à travers le portrait de François Bompierre. Fils du sous directeur de l’usine de papier, principal employeur d’une petite ville de province, le jeune homme tente d’échapper aux méthodes d’éducation particulièrement rigides et violentes de son père en se réfugiant dans l’imaginaire mais aussi en se rapprochant d’un groupe de jeunes communistes dont les parents travaillent dans l’usine de son père. En cette année 1935, les tensions sociales se renforcent de plus en plus ce qui ne facilite évidemment pas l’intégration du jeune François au sein de ce groupe d’adolescents très politisés.
Doublement victime de son statut social aussi bien à travers l’autoritarisme violent de son père que dans les difficultés de se faire accepter par le groupe de lycéens d’origine ouvrière, le quotidien de ce fils de bourge oscille d’humiliation en brimades, de bagarres en illusions.
Sans véritable engagement, ni position idéologique très affirmée, il se retrouvera donc écartelé entre deux mondes que le contexte social ne fait qu’opposer. Ajoutons des rivalités qui vont s’installer au rythme d’amours adolescentes venant percuter ces conflits de classe révélés à la veille du Front populaire qui viennent compléter le portrait intime du jeune homme. Il cherchera malgré tout à rejoindre ses camarades de lycée malgré la pression de son milieu d’origine soucieux avant tout de conserver ses privilèges et ses traditions.
Dans ce récit où se mêlent intimité et résilience, résistance et conscience de classe, Eric Stalner nous offre une vision à taille humaine du climat qui a pu prévaloir à ce bouleversement historique des années 1930. Ce contexte souvent mal connu, sans doute des plus jeunes lecteurs, est prolongé par quelques planches à vocation documentaire, replaçant les personnages et leur engagement assurant ainsi un lien entre les idées du Front populaire et celles en jeu pendant la Résistance. Un raccourci en forme d’épilogue qui a le mérite de replacer cette chronique printanière au sein de la grande histoire.
À l’image de ses autres publications, l’auteur confirme par l’élégance de son trait, son art du montage et ses qualités de coloriste, non seulement un talent de conteur mais aussi une capacité à embarquer le lecteur dans un récit associant émotion et cadre historique rigoureux.
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