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Favori de la rédaction
26 mai 2026
« J’ai toujours rêvé d’être un fermier, ma mère disait que c’était le métier des derniers aventuriers ». Ainsi débute le nouvel ouvrage très réussi de Jean Harambat. Dans ce livre, il ausculte les valeurs de la vie paysanne au travers de la rénovation d’une vieille ferme acquise en Gascogne, non loin de l’exploitation agricole familiale.
Au fil de courtes chroniques, l’auteur détaille avec précision et humour la rénovation des bâtiments de sa ferme et l’aménagement des terres qui l’entourent, au cœur d’une nature préservée. Changer des tuiles ou refaire des enduits, aménager une cuisine, construire un parc pour les chevaux ou un poulailler, concevoir un jardin potager ou installer des ruches… Des activités où l’on a souvent besoin des autres pour un coup de main, que l’on rendra à l’occasion et qui fait la richesse et la solidarité de la vie dans les campagnes. Le narrateur peut compter sur l’aide précieuse de son père, mais aussi de voisins et de voisines, dont le géant tonitruant Jonas le Norvégien.
Au-delà des travaux de rénovation, l’auteur montre aussi les mille façons dont la nature se découvre pour celui qui sait observer. Par moment, des digressions philosophiques viennent ponctuer le récit. Le lecteur se retrouve alors en compagnie d’Ulysse, de Montaigne, de Xénophon, de Yul Brynner ou de Sempé…
Dans cet ouvrage, Jean Harambat élude presque complètement sa vie de famille, même s’il vit là au quotidien avec femme et enfants. Il préfère concentrer son propos sur les gestes manuels, la répétition des actions (nettoyer l’écurie, planter des piquets, faire du bois, etc.), la solidarité paysanne, la transmission de savoirs ancestraux… sans oublier la beauté et la puissance de la nature. Au-delà d’une narration très réussie, l’auteur illustre parfaitement son propos avec des dessins et des couleurs (coréalisée avec Isabelle Merlet et Benjamin Pancheri) qui font aussi la part belle à la riche nature de ce coin des Landes.
« Je ne suis pas agriculteur, mais je décris dans ma BD cette vie pratique à la campagne et le rôle qu’elle a, à la fois comme lien entre les gens et les générations, mais aussi comme une façon de se réapproprier son existence. Le travail manuel, la cuisine ou le maniement de la tronçonneuse permettent cela : on est acteur de quelque chose, on n’est pas que consommateur. La vie rurale propose souvent une capacité d’autonomie sidérante, un rapport concret aux choses, aux animaux, une robustesse, voire une solidarité », explique Jean Harambat dans une interview au magazine Casemate.
Globe-trotter passionné de rugby et de littérature, Jean Harambat est né en 1976 à Mont-de-Marsan. Il a suivi des études de commerce et de philosophie, avant de parcourir le monde, travaillant en Tasmanie, en Argentine, au Libéria. De retour dans ses Landes natales, il se lance en autodidacte dans le reportage et la bande dessinée. Au fil des ans, il va réaliser des reportages illustrés pour la presse écrite (Le Monde, XXI, Télérama, Sud-Ouest, Équipe Mag) et publier une douzaine de bandes dessinées dans des genres très divers. Son album « Opération Cooperhead » a été récompensé en 2017 par le Prix René Goscinny.
Par Dominique ERNST
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