Favori de la rédaction
5 avril 2025
Notre collaborateur Kelian Nguyen disait de l’édition limitée en noir et blanc de Rébétissa que « Les planches sont brutes, les matières sont visibles et vivent sous nos yeux. Les noirs sont profonds et font vibrer les traits. Les reproductions sont d’une grande qualité... » Nous ne pouvons qu’acquiescer, et découvrir avec plaisir la mise en couleurs de ces dessins, lesquels acquièrent ici toute leur substance.
Ce traitement si particulier de la lumière nous rappelle indubitablement le concept japonais de Komorebi, soit cette lumière du soleil qui filtre à travers les feuilles des arbres, comme si l’auteur, l’avait pris en mantra. Il en joue avec beaucoup d’ingéniosité.
Il imagine une bande dessinée crépusculaire, l’image d’une époque révolue. Offrant un nuancier de bleu décliné du pétrole au ciel, contrastant avec des rouges fauves et intenses, une palette féconde, en somme, qui habille ces images et permet de confirmer qu’avec cette édition courante, il transforme définitivement l’essai. Les silhouettes se confondent et se meuvent avec beaucoup de grâce dans cet univers aride et pourtant charmant, profondément corrélé au son.
Si c’est un livre sur la musique, celle qui émane des personnages et du cadre est tout aussi magnétique que celle au cœur de l’ouvrage. Ainsi, nous serions bien en peine de vous recommander l’une de ces versions plutôt que l’autre tant elles sont complémentaires et riches.
Une chose est certaine cependant : David Prudhomme, 16 ans plus tard, aboutit à un prolongement audacieux et brillant de Rébétiko. Deux œuvres, d’un côté la mauvaise herbe, de l’autre l’antidote, qui se répondent et semblent n’en former qu’une.
On n’arrête pas un peuple qui chante !
Par Anna Blume
Cet article reste la propriété de son auteur et ne peut être reproduit sans son autorisation.
Rébétissa - Par David Prudhomme - Éd. Futuropolis
Parution le 2 avril 2025
Participez à la discussion