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Excellent
4 janvier 2025
50 ans déjà que le successeur « de » Charles de Gaulle nous a quittés brutalement en plein mandat présidentiel en 1974. Surnommé affectueusement « Pompon » ou encore « le Mage de Monboudif » en référence à sa naissance dans ledit village cantalou d’à peine 163 âmes aujourd’hui, Georges Pompidou, petit-fils de paysans et fils d’instituteurs, n’était pas destiné à assumer les plus hautes fonctions à la tête de la France. Il devint pourtant l’un des présidents les plus respectés et appréciés des Français. En témoigne ses surnoms plus croquignolets les uns que les autres qui, loin de le railler, reste à bien des égards plutôt flatteur : « Œil touffu », « le Rastignac auvergnat », « Pompi-Duce » et le plus drôle, « Bougnaparte » ! Macron à côté de ça...
Un prodige en devenir
Cédric Fernandez, co-scénariste et dessinateur de cet album, s’est associé au réalisateur de films documentaires et de reportages, Yves Bertorello et à l’animateur nationalement connu, Stéphane Berne, pour concocter en une quarantaine de pages, un résumé non exhaustif de la vie de « Pompon ».
De sa belle rencontre avec Claude Cahour au carrefour d’un cinéma naîtra une passionnante vie amoureuse entre deux dandys - la première étudiante en droit, le second à khâgne au lycée Louis le grand - où discussions littéraires et événements géopolitiques rythmeront inlassablement leurs discussions entre Saint-Tropez et Aix-en-Provence en passant par Marseille où Georges Pompidou est nommé professeur de français-latin-grec dans un lycée.
Peu avant la Seconde Guerre mondiale, en 1938, Pompidou entre à 27 ans comme professeur au lycée Henri IV à Paris, ce qui fait de lui le plus jeune titulaire de tous les lycées parisiens. Un prodige en devenir qui marquera l’Histoire. Au fil des pages, on s’attache au personnage, que ce soit par le truchement de sa bonhomie, son humeur, ses combats, ses luttes ou encore ses échecs.
Un « intime » du Général
Après avoir postulé, béat d’admiration, auprès du « grand Charles », l’homme de lettres troquera ses livres pour embrasser le droit public pour être à la hauteur de sa tâche. Conscient de son potentiel, le général de Gaulle lui confie ses premières fonctions au sein du gouvernement d’après-guerre : chargé de mission avec les commissaires de la République. S’il reste dans l’ombre du Général jusqu’à la nomination de ce dernier au plus haute fonction de l’Etat en 1958, il devient de plus en plus intime auprès de la famille de Gaulle qui lui demande de s’occuper de la trésorerie de la fondation Anne de Gaulle et se voit par la même occasion nommé au Conseil d’Etat et au Commissariat du tourisme.
Pompidou a acquis une vraie popularité comme Premier Ministre du Général. Plus long Premier ministre français à la tête du gouvernement entre le 14 avril 1962 et le 10 juillet 1968, il ne résistera pas, cependant, aux soubresauts de Mai 68, en dépit des « accords » de Grenelle qui proposaient une augmentation du SMIC, un salaire minimum interprofessionnel garanti de 35 %, une hausse de 10 % en moyenne de l’ensemble des salariés ou encore la reconnaissance des droits syndicaux dans les entreprises… Remplacé après Mai 68 par Couve de Murville, il vise plus haut : la présidence. Peu après, il dit à Genève : « J’ai un passé politique. J’aurai peut-être, si Dieu le veut, un destin national. »
« Bibiche », une Première dame de l’ombre et fervente auxiliaire
C’est accompagné de sa femme Claude, alias « Bibiche », qu’il trouve la force de traverser les nombreuses crises politiques, les affaires sordides, les calomnies infâmes à son encontre, et les drames qui amèneront cet enfant du Cantal très attaché à sa région, homme de culture, helléniste et latiniste, mais aussi passionné de poésie et amateur d’art moderne à devenir le 19e président de la République française.
De son mandat, les auteurs ont choisi d’y retenir l’essentiel à leurs yeux : la construction du Concorde, avion de transport civil supersonique, l’édification du vaste centre culturel Pompidou dans le quartier Beaubourg et la mise en service de la première ligne à grande vitesse (LGV) entre Paris et Lyon au sein duquel le TGV (train à grande vitesse) fera les liaisons jusqu’à devenir le train le plus rapide du monde en atteignant la vitesse de 574,8 km/h en 2007…
C’est l’histoire d’un homme résolument moderne qui, suite à l’élection anticipée après la victoire du « non » au referendum sur la création des régions et la réforme du Sénat, est élu président de la République française en 1969 avec plus de 58 % des suffrages face à Alain Poher, président du Sénat qui assurait l’intérim de la présidence de la République ès qualités. Il le restera jusqu’à sa mort en 1974. Celui qui se considérait comme un « Français comme les autres » a été inhumé « sans fleurs ni couronne, ni monument funéraire », mais avec une « simple dalle de pierre ».
Par Jessy LEMESLE
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Pompidou - Du Cantal à l’Elysée - Par Yvon Bertorello, Stéphane Bern et Cédric fernandez - Ed. Plein Vent.
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