Excellent
16 juillet 2024
Dès les premières planches de ce double album, on perçoit que les auteurs sont des spécialistes. Cela met en confiance et on n’est pas détrompé par la suite. La recherche documentaire est perceptible à chaque page que ce soit dans les armes, l’architecture, les magnifiques parures aztèques ou leurs temples, divinités et reliques. Les coutumes et rites nous sont également exposés. Les scènes de bataille sont impressionnantes par leur nombre de figurants et sont suffisamment détaillées pour bien comprendre leur déroulement. Ce qui n’est pas évident par écrit.
La conquête du Mexique nous est racontée chronologiquement depuis janvier 1519 lorsque Hernan Cortés et ses hommes quitte Cuba jusqu’au mois d’août 1521. Tout en étant soucieux de vérité historique, les auteurs permettent au lecteur de vivre les événements et de mieux se les représenter. Ils ne présentent pas un camp meilleur que l’autre. Bien sûr, les Espagnols étaient les envahisseurs qui sont venus piller les richesses des civilisations mésoaméricaines. Les massacres de population sont dénoncés. Cortés avait été envoyé pour trouver de l’or et autres sources de richesse afin de payer les dettes du Roi d’Espagne Charles Quint. Tout est expliqué en détails dans les cahiers en fin de chaque ouvrage.
D’un autre côté, les rois aztèques rivalisaient les uns avec les autres, et ne montraient pas beaucoup de pitié leurs ennemis. Trahisons, mensonges, meurtres, sacrifices humains…rien n’était épargné pour asseoir son pouvoir quitte à s’associer avec l’envahisseur étranger. Hernan Cortés, même s’il peut être perçu comme un héros de l’Histoire pour l’exploit qu’il a pu réaliser grâce à sa détermination et àson intelligence, est avant tout et surtout décrit comme un personnage dévoré par l’ambition, sans scrupule et que rien ne ni personne ne peut arrêter, pas même le Roi d’Espagne ni les puissantes armées aztèques.
Cette bande dessinée en deux volumes est instructive tout en restant attrayante. Les auteurs citent leurs sources dans le supllémnt en fin de volume. Les dialogues et cases narratives abreuvent le lecteur d’enseignements sans jamais être rébarbatifs. À ce niveau, c’est un véritable tour de force. Les planches sont magnifiques de détails et explicites. L’ensemble forme un documentaire vivant, palpitant, qui apporte beaucoup au lecteur et en même temps le laissera avec ses interrogations sur la nature humaine et ses motivations.
Par David SPORCQ
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