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Oum Kalsoum, une diva égyptienne au cœur de la politique arabe de la France

Par Didier PASAMONIK Favori de la rédaction 23 août 2024 
Un homme : Bruno Coquatrix ; un lieu mythique : la salle de concerts de l’Olympia ; une femme, ou plutôt une star dont la notoriété dans le monde arabe équivaut à celle d’une Edith Piaf ; un enjeu majeur : la politique arabe de la France au Moyen-Orient que la Guerre des six-jours vient de remettre au cœur de l’actualité… Voici l’histoire d’une diva, la « Perle du Nil », dont la voix d’or est célébrée dans tout le monde arabe, qui va servir d’ambassadrice entre la France et l’Égypte dont les relations sont brouillées depuis la nationalisation du Canal de Suez. Un récit remarquable.

Nous sommes en 1967, cinq mois après la Guerre des six jours où l’armée israélienne a terrassé la coalition arabe menée par Nasser, plus de dix ans après la Crise du Canal de Suez où la France et l’Angleterre s’étaient fait tordre le bras par les deux superpuissances issues de la guerre : les USA et l’Union soviétique. La France du Général de Gaulle, débarrassée peu ou prou de son « empire », cherche à renouer avec les pays arabes…

L’idée est de faire venir en France une chanteuse proche du Raïs : Oum Kalsoum. C’est la plus grande star du monde arabe. Il n’est pas une famille qui n’ait ses disques, qui se bouscule à ses concerts quand elle passe dans leur ville. Et de la faire venir dans un lieu devenu mythique : l’Olympia, qui a accueilli sur sa scène les plus grandes stars de la chanson : Charles Trenet, Édith Piaf, Léo Ferré, Juliette Gréco, Georges Brassens, Jacques Brel, Barbara, Claude François, Dalida, Johnny Hallyday,…

Son patron, Bruno Coquatrix, a bien l’intention de produire à Paris l’unique récital de la « Perle du Nil » dans un pays occidental. En coulisse, le Quai d’Orsay et le Ministère de la Culture encore dirigé par l’ineffable André Malraux s’activent. Le Général même, dit-on... Mais viendra-t-elle ? Entre secrets d’Etat et tensions internationales, les nerfs de Bruno Coquatrix sont mis à rude épreuve… D’autant que la diva est à la hauteur de sa réputation : cachet pharaonique, caprices en tous genres… Tout y passe. Mais le concert a lieu, et c’est un triomphe.

On se laisse porter et séduire par ce roman graphique dense, parfaitement documenté et excellement écrit par la journaliste et écrivaine Martine Lagardette. Il est dessiné par Farid Boudjellal dans son registre « photographique ». Cela peut en rebuter certains, mais il ne le faut pas. Son travail de recréation de la photo est remarquable. Une fois plongé dans le récit, on est immergé dans un polyptique d’images où chaque détail est éloquent. C’est sans doute l’un des meilleurs ouvrages de cet auteur et sa scénariste, comme son sujet, y sont pour beaucoup. Vous aurez probablement droit à une interview de ces auteurs dans les semaines qui viennent.

Par Didier PASAMONIK

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Code EAN : 9782385610302
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