Les deux labels étaient complémentaires : les auteurs de Mourad Boudjellal versant davantage dans la Fantasy et le médiéval fantastique, tandis que le catalogue de Delcourt avait développé, surtout à ses débuts, des œuvres de science-fiction. Une espèce de fusion générationnelle s’opérait qui rassemblait les fans de Star Wars à ceux du Seigneur des Anneaux et de Harry Potter…
Douze ans plus tard, en janvier 2023, Mourad Boudjellal ayant fait le tour du propriétaire dans le monde du rugby, désire revenir dans l’édition. Ça tombe bien : les directrices de collection, Barbara Canepa et Clotilde Vu, quittent Delcourt en 2022 pour rejoindre Boudjellal et revendiquent la maîtrise des noms et logos des collections. Elles déposent en octobre 2021 à leurs noms les marques de leurs collections, ce qui déclenche un contentieux contractuel et de propriété intellectuelle avec Delcourt qui les exploitait depuis plus d’une décennie.
Le tribunal judiciaire de Paris a statué le 20 mars 2026 que les éditrices étaient liées par leur contrat de direction de collection et n’avaient pas le droit de s’approprier ces marques, propriété des éditions Delcourt exploitées et financées depuis 2011. Par conséquent, la justice annule le dépôt de ces marques, ce qui rend illégal leur exploitation par Oxymore et entraîne par conséquent pour cet éditeur et ses directrices de collection des dommages & intérêts.
Ce qui signifie que la propriété intellectuelle d’une marque va bien au-delà de son seul enregistrement à l’INPI et repose aussi sur les contrats signés avec les directeurs de collection et les investissements consentis pour développer l’activité. Les éditions Delcourt appartenant désormais au groupe Editis, la préservation des marques est un sujet essentiel. Elles viennent de remporter cette manche.
Par Didier PASAMONIK
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