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Pas mal
2 juillet 2025
Qu’est-ce que l’ommegang de Bruxelles ? En réalité, il s’agit d’une triple célébration. Tout d’abord celle de la procession débutée en 1348, date à laquelle une statue de la Vierge Marie arrive dans Bruxelles pour devenir la protectrice de la ville. Ensuite, l’âge d’or de cette procession qui culmine en 1549, lorsque Charles-Quint en profite pour réaliser une entrée triomphale dans la ville ; tous deux sont alors au faîte de leurs puissances respectives (la ville comme l’empereur). Enfin, après être tombée en désuétude au XIXe siècle, on célèbre également le redémarrage de la procession en 1930, sous l’égide entre autres du Bourgmestre de Bruxelles de l’époque, Adolphe Max.
Depuis lors, l’ommegang de Bruxelles, plus simplement connu sous le nom raccourci de « l’Ommegang », est devenu la plus importante célébration annuelle de la capitale belge. Elle rassemble plus de 50.000 touristes qui, chaque année, s’installent sur les gradins au cœur de la Grand-Place de la ville afin d’admirer la reconstitution du cortège historique de 1549 en l’honneur de Charles Quint. Mais il s’agit également d’une fête populaire, car des milliers d’acteurs d’un jour, célébrités et anonymes, endossent des costumes aux allures d’époque pour redonner à la ville son faste d’antan, les premiers mercredi et vendredi de chaque mois de juillet. Ils battent alors le pavé de toutes les rues du centre historique, pour la plus grande joie des spectateurs, des Bruxellois et des touristes qui n’auraient pu prendre une place payante sur les gradins de la Grand-Place.
Cet attachement populaire, folklorique, historique et touristique valait bien un album de bande dessinée, surtout pour cet événement emblématique de Bruxelles qui se targue d’être l’une des capitales du neuvième art. Pari relevé et tenu par les Éditions Anspach, devenues les spécialistes de l’Histoire belge depuis leur premier album consacré à l’Expo universelle de 1958, et ici en partenariat officiel avec les organisateurs de l’Ommegang, ce qui en garantit le sérieux et l’authenticité.
Scénariste phare des Éditions Anspach, le journaliste et historien Patrick Weber ne se limite pas à donner le cadre général de la manifestation. Il situe volontairement son intrigue en 1930, en imaginant que les principaux responsables qui veulent faire renaître la manifestation sont confrontés à des faits criminels destinés à les faire renoncer. Meurtres, incendie et autres dégradations vont pousser un jeune journaliste à enquêter pour démêler le vrai du faux (sans trop se laisser distraire par de jolis minois) afin de s’assurer que la manifestation aura bien lieu et pour protéger les édiles de la ville.
Au dessin, Thomas Liera, associé aux couleurs de Cerise, trouve le style adéquat pour cet album à destination populaire, tout en composant avec le ton rythmé de l’enquête et l’aspect plus précis de la documentation. Un découpage en trois bandes très efficace, porté par la ligne claire du dessinateur, ce qui s’apparente désormais à presque une ligne de conduite pour les albums de l’éditeur, depuis le succès de la série Kathleen, propulsée par le dessin de Baudouin Deville et du même Patrick Weber.
La maquette d’Ommegang 1930 s’inspire d’ailleurs directement de cette série best-seller de l’éditeur : le format, la fabrication, la bande supérieure et l’année où se déroule l’action. C’est d’ailleurs l’un des autres intérêts de l’album, celui de nous faire vivre cette période du début du XXe siècle, de quoi renforcer encore l’intérêt de l’ensemble. Un album indispensable à tous les amateurs de bande dessinée qui se sont un jour demandé quelles étaient les origines de l’Ommegang, car un dossier complémentaire de huit pages vient répondre à toutes les questions qu’ils pourraient encore se poser après la lecture du récit.
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