Bon
31 octobre 2024
Dans un monde où les monstres sont des catastrophes naturelles courantes, de nombreuses entreprises de magical girl ont vu le jour pour y faire face. Kana est embauchée dans l’une d’elles de façon inattendue. Elle rejoint donc la start-up Magilumière et commence sa formation au côté de sa collègue Koshigaya.
Nous sommes loin des intrigues où des jeunes filles sont élues pour sauver le monde comme dans Tokyo Mew Mew. Non, il n’y a pas de place ici pour des lycéennes ou des collégiennes qui ont reçus des pouvoirs magiques. Les magical girls sont des employées d’entreprises adultes comme n’importe qui. Certes, le travail est risqué puisqu’il consiste à affronter des monstres, mais c’est le cas d’autres jobs qui ont leurs propres dangers (pompiers, secouristes...).
En fait, les magical girls ont des gadgets qui les assistent dans leurs tâches, telles que des balais volants ! C’est grâce à l’alliance de la technologie et de la magie qu’elles peuvent combattre les monstres. Même leur transformation - un classique incontournable pour une magical girl - est liée à de l’ingénierie. L’idée est originale et attise la curiosité.
C’est dans ce contexte qu’on suit Kana, dont le manque de confiance reflète bien l’état d’esprit d’une jeune diplômée à la recherche d’un premier emploi. Un sentiment accentué par les multiples entretiens d’embauche qui n’aboutissent pas. Une situation qui montre avec véracité ce que traverse un grand nombre de diplômés. Elle se questionne donc sur sa valeur et son utilité, une remise en question courante au vu de sa situation. Pourtant, la mise en scène met en lumière sa très bonne mémoire, une capacité qu’elle ne conscientise pas vraiment. C’est quelque chose qui souligne avec justesse le fait qu’il est plus difficile de voir ses qualités plutôt que ses défauts ou ses lacunes.
Et sa faculté à mémoriser toute sorte de choses et ses nombreuses connaissances tombent bien ! En effet, Kana s’avère être une encyclopédie vivante, parfaite pour travailler avec Koshigaya qui est l’exact opposé. Les dessins révèlent une femme à décontractée et plutôt sûr d’elle, avec de l’expérience, et qui agit instinctivement. Le duo se complète bien !
Ce volume pose également les bases des problématiques qui seront abordées : les conditions de travail et les rivalités entre les entreprises. Et non, les monstres ne sont pas mis en avant comme des antagonistes particuliers ! On nous introduit notamment un patron, qui voit uniquement ses employés sous le prisme des coûts et bénéfices.
Information bonus : une adaptation en animé de douze épisodes vient de débuter en octobre. Vous pouvez la regarder sur Amazon Prime Video ! Une sortie qui arrive au bon moment, puisque le manga vient de démarrer sa publication en France.
Magilumière Co. Ltd parle donc des magical girl, tout en mettant de côté les paillettes et le pouvoir de l’amour. Ce qui est plaisant à lire. Aussi, le titre détourne le schéma cliché de ce type de récit, pour aborder à travers le parcours de Kana le monde du travail et en faire une critique. Son apprentissage dans cette profession insolite donne une touche de fantaisie à l’œuvre, qui permet de redécouvrir les magical girl sous un aspect innovant.
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