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Excellent
5 décembre 2025
Lucius Murena est accusé de complot contre l’empereur. Selon toute vraisemblance, il a déjà quitté Rome. Tigellin, conseiller de Néron, a habilement manœuvré pour que tous l’accusent. Fugitif en fâcheuse posture, Murena ne peut se résoudre à abandonner Lémuria, laissée entre les sales mains du besogneux chargé de lui extorquer de faux aveux.
Dans une Rome sous Néron admirablement reconstituée, le maître du scénario, Jean Dufaux, a placé judicieusement toutes ses pièces sur l’échiquier. Il les déplace subtilement avec de beaux coups, relançant l’intrigue et surprenant les lecteurs. Ces derniers ont appris à connaître ses personnages de fiction : des acteurs à la forte personnalité qui jouent leur rôle à la perfection. Ils gravitent autour du pouvoir absolu, avec tous les risques que cela implique.
Par nécessité romanesque, l’auteur ne s’en cache pas : il prend certaines libertés avec l’Histoire. Il s’agit d’interprétations plausibles des faits que nous ont laissés les écrits, toutes justifiées en fin d’album. Car si le décor et le contexte sont si correctement reproduits pour assurer la crédibilité du récit, l’action et le divertissement restent au premier plan.
Cet album a pour thème central les « Neronia », fêtes organisées en l’honneur de Néron, auxquelles le public était obligé d’écouter le souverain déclamer et d’applaudir à tout rompre lors de ses représentations théâtrales. Un empereur tout-puissant, si proche des dieux et pourtant bien seul, dont la tête pouvait tomber à tout moment.
La fin de la saga est amorcée, mais rassurez-vous : elle n’est pas pour demain, car cinq autres tomes devraient encore la compléter. À l’heure où j’écris cette chronique, l’épisode suivant est sur le point d’être achevé par le dessinateur.
PLAUDITE, CIVES !
Par David SPORCQ
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