« Moi, Fadi le frère volé », la suite de L’Arabe du Futur

Par Didier PASAMONIK Favori de la rédaction 9 octobre 2024 
On se souvient qu’avec son sixième tome de L’Arabe du futur, Riad Sattouf achevait le cycle de son autobiographie qui s’arrête au moment où sa vocation de dessinateur prend corps, au moment aussi où il sort d’un cercle familial qui l’étouffe avec un père désormais absent mais toujours présent dans son esprit, et une mère déprimée par l’enlèvement du frère de Riad, Fadi, avec lequel le dessinateur communique par internet et qui exprime son désir, sous influence paternelle, à ce que la famille se réconcilie et se rende en Syrie.

On sait ce qu’il est advenu de Riad Sattouf, auteur de plusieurs longs métrages qui ont eu leur petit succès, mais surtout auteur de bande dessinée, Grand Prix d’Angoulême, l’un des plus brillants « écrivains de bande dessinée » (nous empruntons ce vocable à Émile Bravo) de cette époque.

Mais qu’en est-il de son frère, Fadi, enlevé par son père Abdel-Razek et resté dans la Syrie baasiste d’Hafez el-Assad  ? Le premier cycle de L’Arabe du Futur ne le dit pas, car il était centré sur la biographie de l’artiste.

Dans Moi, Fadi, le Frère volé, c’est la voix et l’histoire de son frère que l’on va cette fois entendre. Pour passer à l’âge d’homme, on comprend que Riad Sattouf a dû se dépatouiller entre sa mère divorcée de son père et profondément déprimée par le « rapt » de son fils Fadi, ruse par laquelle Abdel-Razek espère rapatrier sa famille en Syrie et reprendre la main sur le couple.

Depuis son entrée dans la vie active, avec l’accomplissement de sa vocation d’auteur de bandes dessinées et son expérience dans le cinéma, il a mûri. C’est donc relativement apaisé qu’il a repris langue avec son frère entretemps devenu adulte et qu’il va mener, entre 2011 et 2012, deux entretiens pour avoir la version de Fadi sur ces événements.

Doit-on craindre une redite ? Non, car la version du jeune frère raconte le détail de son enlèvement, qui a déjà quelque chose de rocambolesque. Puis on entre véritablement dans la vie quotidienne d’Abdel-Razek et de son fils. Il y a là sa famille syrienne, sa situation de père célibataire accompagné d’un enfant qu’il élève seul, marié avec une Française, ce qui fait que Fadi est surnommé le « yahoudi », le « Juif » par ses camarades.

Et surtout, il a ce père qui se remarie et qui compte bien donner à son nouveau mariage un toute autre destin, plus conforme à ses aspirations. Mais c’est sans compter la volonté de la mère du petit Fadi de récupérer l’enfant « volé ». Le suspense est à son comble..

On peut compter sur Sattouf et son écriture subtile pour sculpter chacun des personnages rencontrés, pour déployer devant nous une comédie humaine qui a une résonance certaine avec les événements qui se déroulent actuellement au Proche-Orient. Cela donne une lecture passionnante, l’un des albums incontournables de cette fin d’année.

Par Didier PASAMONIK

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Code EAN : 9782959133725

Moi, Fadi le Frère volé, tome 1 (1986-1994) – Par Riad Sattouf – Les Livres du Futur.

L’Arabe du futur Les Livres du futur ✏️ Riad Sattouf Biopic France Syrie Marché de la BD : Faits & chiffres
 
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6 Messages :
  • Espérons pour lui qui a de véritables compétences dans le cinéma.

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    • Répondu par Gina Vanilla le 9 octobre 2024 à  20:42 :

      Son premier film fut un succès, le second un bide !

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  • J’ai lu et beaucoup aimé L’arabe du futur. Je trouve que c’est un témoignage très intéressant. C’est bien écrit, bien dessiné et très intelligemment construit. Cela raconte l’histoire de la vie d’une famille à travers celle d’un de ses membres. Cela raconte aussi une époque, une culture, un pays. C’est à la fois surprenant, drôle, et touchant. L’auteur fait preuve d’une grande neutralité, ne porte aucun jugement de valeurs sur ce qu’il décrit. C’est vraiment très réussi. Je ne doute pas que Moi, Fadi le frère volé sera aussi à lire.

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    • Répondu par Milles Sabords le 10 octobre 2024 à  04:39 :

      Bon, ben, on est parti pour une longue, longue, longue, saga familiale. À quand l’album sur le tonton ?

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      • Répondu par Gina Vanilla le 10 octobre 2024 à  17:10 :

        C’est très bien, L’Arabe du futur, un mélange d’auto-bio avec du documentaire sur des pays peu fréquentés par les touristes, de l’humour et de l’émotion !
        Succès pleinement mérité, ces livres sont copieux et épais, mais quand on les a commencés, difficile de s’arreter !

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  • La lecture de ce nouvel opus est toujours aussi fluide et prenante que pour l’arabe du futur, une fois commencé on le dévore jusqu’au bout... Tout son travail créatif du dessin, au texte en passant par la couleur sont au service de son histoire.
    Il est au sommet de son art.

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