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31 août 2024
Le sous-lieutenant Jones poursuit sa formation de pilote à l’école navale de Patuxent River , où elle continue d’exceller en techniques de close-combat et dans la maîtrise de différents aéronefs. Si certains naissent avec une cuillère en argent dans la bouche, on pourrait dire qu’elle est venue au monde avec des ailes dorées dans le dos.
Lors d’une mission d’entraînement en haute mer qui tourne mal, une relation se développe entre Jones et le capitaine Melvin McKaa, un officier d’origine amérindienne. Mais les traumatismes de la guerre du Viêt Nam viennent rapidement troubler cette idylle naissante. McKaa est en proie à des cauchemars où il voit une jeune Vietnamienne, nue et brûlée vive par le napalm largué par les forces américaines. Alors qu’il est sur le point de partager un moment intime avec Jones, la vision de son corps nu réveille soudainement ses angoisses, et terrifiée par sa réaction, Jones s’enfuit.
Pendant ce temps, deux activistes natifs américains, Karkajou et Crow Dog, prennent le contrôle de l’île d’Alcatraz pour revendiquer l’application des traités passés et la reconnaissance des droits civiques de leur peuple. Marcus, le frère aîné de Jones, rejoint leur cause après s’être évadé de prison en compagnie de Crow Dog. Le président Dixon charge le général Ben Carrington de résoudre la crise d’Alcatraz par tous les moyens nécessaires. Les Red Warriors détiennent une centaine d’otages, dont plusieurs femmes et enfants. Carrington a besoin d’un officier pour l’assister, et qui mieux que Jones pour relever ce défi ?
Les Red Warriors acceptent de rencontrer la délégation menée par le général Carrington, incluant Jones et le capitaine McKaa. Le maire de San Francisco et le président ont été clairs : la crise doit être résolue sans effusion de sang. C’est donc sans armes que l’équipe accoste sur l’île... Mais si tout cela n’était qu’un piège ? Et surtout, Marcus pourra-t-il pardonner à sa sœur de l’avoir dénoncé et envoyé en prison, même si c’était pour le sauver ?
Une fois de plus, le scénariste Yann se base sur des faits historiques réels pour enrichir l’intrigue de ce second épisode de XIII Trilogy - Jones. Intitulé « Rouge Alacatraz », ce récit s’inspire de l’occupation d’Alcatraz par des activistes amérindiens en 1969. Le groupe Indians of All Tribes, composé de jeunes autochtones issus de différentes nations, a revendiqué l’île pour dénoncer les injustices historiques infligées à leurs peuples, notamment la confiscation de leurs terres ancestrales et la destruction de leurs cultures.
Cette occupation n’était pas qu’un acte symbolique : elle s’appuyait sur une ancienne loi permettant aux peuples autochtones de réclamer des terres fédérales inutilisées. Après la fermeture de la prison d’Alcatraz en 1963, les militants y ont vu une opportunité de faire entendre leur voix, marquant ainsi le début du Red Power Movement, un vaste mouvement pour les droits civiques des autochtones.
Ce mouvement a puisé une partie de son inspiration dans les luttes pour les droits civiques des Afro-Américains dans les années 1960. Tout comme les Noirs américains avaient été victimes de discriminations et d’injustices, les peuples autochtones se battaient contre des politiques d’assimilation forcée. Observant les stratégies de résistance pacifique et de désobéissance civile adoptées par des leaders comme Martin Luther King Jr., les autochtones ont adapté ces méthodes à leur propre combat pour la justice et la reconnaissance.
En situant le sous-lieutenant Jones et le capitaine McKaa au cœur de l’occupation d’Alcatraz, Yann met en lumière deux perspectives distinctes des personnages issus des minorités face aux mouvements historiques pour les droits civiques. D’une part, Jones, une femme afro-américaine, montre une indifférence envers les questions politiques et les luttes pour les droits des Afro-Américains. D’autre part, le capitaine McKaa se sent profondément blessé d’être accusé de trahison par les activistes natifs-américains. À travers ces personnages, Yann explore les tensions et les conflits entre les minorités ethniques et les mouvements de revendication des droits civiques dans cette période complexe.
Olivier TaDuc, quant à lui, accompagne brillamment cet excellent scénario. Son travail graphique, alliant le dynamisme de son propre style aux caractéristiques de William Vance, est sublimé par les couleurs de Bruno Tatti. Vivement la conclusion de ce récit !
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À lire sur ActuaBD.com :
XIII Trilogy - Jones T. 2/3 : Rouge Alcatraz - Par Yann & Olivier TaDuc (couleurs : Bruno Tatti) - Ed. Dargaud. Format 222 x 295 mm. 48 pages couleur. 13 €. Album paru le 7 juin 2024.
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