Les Héritiers d’Agïone T. 2 - Par Tpiu - Éd. Kana

Par Malgorzata NATANEK Bon 2 septembre 2024 
Une grande enquête attend Adalise qui va lui apporter des réponses, mais aussi de nombreux dangers. La mort semble toujours lui courir après, mais la princesse cadavre est loin de s’avouer vaincu.

Adalise a un nouvel ami qui n’est autre qu’un Ëdrelin envoyé par sa mère disparue. Elle n’a pas l’occasion de poursuivre ses recherches concernant cette dernière car elle doit partir en mission pour Mériolide en compagnie de son frère Adel.

Les Héritiers d'Agïone T. 2 - Par Tpiu - Éd. Kana
Les Héritiers d’Agïone planche
Copyright : © Tpiu – Kana (Dargaud-Lombard s.a)

Ne vous en faites pas ! Ce qui avait été introduit autour du mystérieux assassin de la princesse et de sa mère n’est pas laissé pour autant de côté. En effet, l’enquête et les péripéties d’Adalise lui amènent des nouvelles alliés (le trio joyeux, lâche et froid) et des révélations difficile à digérer voire choquantes pour elle. La conclusion se fait avec une chute qui pose beaucoup de questions...

Revenons un peu sur cette histoire de personne à sacrifier pour les jeux. Précédemment, nous avons vu qu’il s’agissait d’un jeu violent et brutal qui servait à exécuter un criminel. Cette fois, l’héroïne revient sur le sujet et complète le tableau : L’heureux élu sera enfermé, torturé, brisé mentalement ; tout cela avant sa mise à mort qui fera office de spectacle. L’ensemble est illustré par le dessin d’un homme enchaîné, couvert de bleu et enchevêtré dans des ronces. Le supplice n’est pas fini, car on le sait bien, son sort sera peu enviable après son exécution perverse : il est destiné à devenir un maudit et ne jamais connaître le repos. Un sort bien cruel qui délecte les spectateurs, ce qui est dénoncé par Adalise témoignant de son humanité.

Les Héritiers d’Agïone planche
Copyright : © Tpiu – Kana (Dargaud-Lombard s.a)

Dommage que le dessin ne suive pas et présente plusieurs lacunes, à commencer par les proportions, en donnant le sentiment que l’autrice cherche à copier le style manga sans y parvenir. Le charme repose donc davantage sur l’histoire racontée plutôt que sur la patte graphique maladroite. Les tenues des personnages et quelques planches se démarquent tout de même, comme la double planche qui introduit Mériolide. Le paysage est ici merveilleusement réussi par la présence de deux statues des fondateurs de la ville situées devant le mur qui s’apparentent (les fans de Tolkien me voient venir) à l’Argonath dans le Seigneur des Anneaux. Pour ce qui est des vêtements, ils collent bien à la fantasy et au médiéval avec quelques détails sympathiques. Certains rappellent même d’autres œuvres comme L’Atelier des sorciers pour les habits des clartés.

Les Héritiers d’Agïone planche
Copyright : © Tpiu – Kana (Dargaud-Lombard s.a)

Le tome débute avec un objectif clair, mais il s’agit d’une excuse, car en réalité le scénario nous emmène autre part. Là où l’intrigue paraissait aller dans une direction, se cache des thématiques bien plus complexes : guerre, réfugiés, divergences de religions. La multitude de problèmes mis en avant s’entremêlent et constituent un tout prenant. Le pays dans lequel se déroulent les évènements fait face à des crises sérieuses, et Adalise, en tant que princesse, a des responsabilités. Même si le propos premier est de découvrir ce qui se cache derrière l’absence de sa mère, il existe une toile assez complexe qui se tisse autour.

Par Malgorzata NATANEK

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Code EAN : 9782505116417
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