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Pas mal
27 février 2026
Un caleçon et un emballage de capote, c’est donc tout ce qu’il reste de Calbute - son coup d’un soir dénommé ainsi par Ovidie , parti comme un mufle. Une aventure certes sans grande prétention d’autant que l’autrice s’était promise à s’en tenir à « une grève de l’hétérosexualité ». Affligée cependant (elle se demande d’ailleurs pourquoi) de cette fuite assez lâche, elle va mener une enquête sur la raison de cette dérobade. Un comportement qui pourrait paraître anodin voire banal, comme le remarque d’ailleurs Tancrède, grand ami d’Ovidie, mais qui se révèle en fait avoir des ramifications politiques et sociétales inattendues.
On est amené à interroger le sens des mots, des actes, dans une démarche analytique très poussée, qui confine à la sur-analyse : faut-il voir le caleçon laissé comme une forme d’offrande ? C’est ce qui s’évoque en compagnie de l’autrice et journaliste Maïa Mazaurette. Les invités sont nombreux dans cette enquête : Damien Mascret, Diane Saint-Réquier, Caroline de Haas, Judith Duportail, Usul...
S’ensuit tout un champ de raisonnements et de possibilités concernant cette « petite affaire » traitée ironiquement comme un crime : l’interprétation des comportements, des mots dits, écrits..., se révèle plus important, systémique. Quelle en est la cause ? Qu’est-ce qui pousse ce genre d’homme à coucher avec une femme comme elle ? Quels sont les rapports de force qui entraînent ce déséquilibre ?
Un chemin de pensée par lequel Ovidie, ainsi que ses amis experts, passent pour comprendre ce qui aurait pu ne rester qu’une soirée plus humiliante que d’ordinaire qui aboutit à la conclusion décevante et cousue de fil blanc, que Calbute est un homme pathétique et banal, en pleine crise de la quarantaine.
Ce travail était apparu pour la première fois sous la forme d’une série documentaire audio, diffusée sur Binge. Il est ici mis en images par Audrey Lainé, dont la mise en page et les couleurs au rendu proche du feutre à pointe large, apporte quelques fantaisies bienvenues.
On s’interroge sur un récit qui tend à la sur-analyse, à force de disséquer chaque mot, chaque geste, chaque silence. Cette densité théorique prend le risque de rendre l’ouvrage moins accessible, même si penser l’intime comme un fait politique a son utilité.
Par Colin BESNIER
Cet article reste la propriété de son auteur et ne peut être reproduit sans son autorisation.
La Dialectique du calbute sale - Par Ovidie et Audrey Lainé - Ed. Marabulles - 19,95€
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