Il avait impressionné avec son premier roman graphique : Les Lettres perdues ; avec lequel il avait même remporté le tout premier Prix France Bleu-Actuabd. Ce récit onirique sur le deuil a installé une nouvelle signature dans le paysage BD : celle de Jim Bishop.
Un an plus tard, toujours chez Glénat, il publie Mon Ami Pierrot. Avec ce récit sur l’amour toxique et destructeur, Jim Bishop confirme sa maîtrise des univers fantastiques, tout en abordant des sujets profonds. Cette année, il termine cette trilogie sur l’enfance par le passage à l’âge adulte avec L’Enfantôme.
Trois ouvrages qui forment une œuvre, bien qu’ils soient complètement indépendants les uns des autres. Dans ce dernier ouvrage, l’auteur dépeint une adolescence perturbée, d’abord par la puberté, les boutons et les petites looses de la vie. Mais surtout par un certain échec scolaire.
Quand l’injonction de réussir se fait trop forte, les deux héros signent un contrat avec leur proviseur. Ils s’engagent à obtenir leur diplôme, sinon leurs parents seront dans l’obligation de les assassiner.
Il s’ensuit une intrigue haletante sur un quête du bonheur dans un monde où il est nécessaire de réussir et de plaire selon les codes établis par le société. L’Enfantôme, c’est une invitation à s’écouter et à être soi-même.
Si ses deux premiers albums se concentraient sur l’enfance, dans des univers oniriques et colorés. L’Enfantôme se révèle plus adulte. Les héros sont plus âgés que ceux des précédents albums. Surtout, l’univers, les sujets abordés et leur traitement sont plus durs et plus sombres. Ils touchent sans détour à la psyché et opèrent davantage graphiquement dans le cauchemar que dans le le rêve.
Un travail souvent associé, avec raison, à celui de Miyazaki, référence qu’il ne renie pas ; l’auteur comme beaucoup d’enfants de sa génération, brasse large. Du manga à Lewis Trondheim en passant par Kaaris et Booba, l’univers mental de Jim Bishop est hétéroclite et cela se ressent dans ses ouvrages.
L’Enfantôme conclut une série de trois albums aux résonnances intriquées. Trois bandes dessinées hautement personnelles aux vertus cathartiques. À son terme, Jim Bishop a « le sentiment de conclure une étape dans[sa] carrière. » Un début de parcours réussi, dans lequel il a mis beaucoup de lui-même, de souvenirs et de sentiments vécus.
Avec L’Enfantôme, Bishop referme un premier chapitre. Pour l’occasion, il nous a accordé cette interview à écouter dans ce podcast.
Par Kelian NGUYEN
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L’Enfantôme - Par Jim Bishop - Ed. Glénat