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Rave T. 14 - The Groove Adventure- par Hiro Mashima – Éd. Glénat Manga

Par Milan MORALES Bof 13 juillet 2026 
Le tome 14 de Rave – The Groove Adventure chez Glénat conclut l’arc des Blue Guardians autour de Hardner et du sceptre de l’espace et du temps. Sans nul doute l’Arc le moins intéressant de toute la saga !

Dans ce volume, Hardner, chef des Blue Guardians et porteur du pouvoir « Anastasis », utilise le sceptre de l’Espace et du Temps pour restaurer le Leben Ring et tenter de fusionner avec Endless, une entité monstrueuse liée au temps et à l’espace. Son objectif est de devenir immortel et d’obtenir un contrôle absolu sur le monde, ce qui fait monter les enjeux à un niveau quasi apocalyptique.

Haru et ses compagnons poursuivent le combat engagé dans les tomes précédents contre les Blue Guardians afin d’empêcher cette fusion et de mettre un terme au projet de Hardner. Ce volume aligne donc les affrontements décisifs, les révélations sur les pouvoirs en jeu et se conclut par la résolution de cet arc, avec la menace Hardner / Endless enfin neutralisée, permettant au récit de repartir sur d’autres pistes après un (trop) long détour…

Ce n° 14 s’inscrit au cœur de l’arc des Blue Guardians / Hardner, le plus long de la série (46 chapitres !), et c’est précisément cette longueur qui finit par le desservir. Au lieu d’une montée en tension, on a l’impression de traverser un tunnel de scènes prévisibles, d’affrontements dans des couloirs qui se ressemblent et d’un scénario cousu de fil blanc, où l’objectif global est constamment repoussé afin de caser « encore un combat de plus ».

Ce qui est assez frustrant, c’est que ce tome arrive après des arcs où Rave savait encore surprendre, faire évoluer ses personnages et jouer sur un véritable souffle épique. Ici, on sent la mécanique du shōnen tourner à vide : la structure « on pénètre dans une base ennemie, on affronte une armée d’élite, on monte jusqu’au boss » est déroulée au kilomètre, sans la moindre étincelle scénaristique ou émotionnelle qui justifierait qu’on lui consacre autant de pages.

Au centre de cet arc, Hardner devrait être le moteur de l’intérêt, le boss de fin de niveau qui, par son pouvoir et son ambition démesurée, donne du relief à tout ce qui se passe. En pratique, il reste désespérément et incroyablement fade. Son pouvoir « Anastasis », son projet de manipuler Endless et le Leben Ring : tout cela existe sur le papier, mais ne se traduit jamais par une véritable présence charismatique dans les pages. On voit clairement où Hiro Mashima veut nous emmener, on comprend les enjeux théoriques, mais on ne les ressent pas : l’aura de Hardner ne suscite ni peur, ni fascination, ni colère.

On se retrouve donc face à un antagoniste techniquement important pour la mythologie de Rave, mais dramatiquement creux. Il coche la case du « boss de fin d’arc », sans jamais devenir une figure marquante de la série. Quand on a connu King, Doryu ou Lucia, on mesure d’autant plus le manque : Hardner ressemble à un personnage conçu pour faire avancer le décor, pas pour marquer durablement la mémoire du lecteur.

Un autre point qui met à mal notre patience de lecteur est la place laissée au n° 2 des Six Guardians, Renard. Depuis le début, elle nous est présentée comme une lieutenante qui devrait peser dans la balance et, au final, elle ne sera qu’un simple PNJ [Personnage Non Jouer. NDLR] un peu mieux dessiné. Renard n’a ni construction, ni trajectoire, ni véritable rôle émotionnel ; elle arrive, coche la case du combat qui lui est assigné, puis repart dans le flou le plus total.

Et elle n’est pas la seule dans ce cas : toute une partie des Blue Guardians et des Six Guardians fonctionne selon ce modèle. On est obligé de passer du temps avec eux, de suivre leurs affrontements, alors qu’ils n’ont pas été suffisamment travaillés pour susciter autre chose qu’un simple réflexe : « OK, c’est l’ennemi de ce chapitre. » Pour qui accorde de l’importance à la densité des personnages, ces figures donnent rapidement une impression de pur remplissage, et la longueur de l’arc rend cette faiblesse encore plus criante. Du coup, la fin de l’arc Hardner, censée conclure de manière spectaculaire cette longue traversée, n’arrive pas comme un sommet de la série, mais comme une délivrance.

Ce n’est pas que la série ne raconte rien pendant cet arc, ni que les enjeux cosmiques soient inexistants ; c’est que la manière de les amener ne fonctionne pas. Dans cet arc, Rave perd son sens de l’aventure et de la tension dramatique, pour se laisser engloutir par un schéma de shōnen surchargé en combats, mais pauvre en véritable substance.

Dans cette perspective, notre jugement sera sans appel : ce tome 14 n’est pas un sommet ; c’est un gros bloc de remplissage dont on se débarrasse avec un certain bonheur en tournant la dernière page. Heureusement, l’introduction de l’arc suivant s’avère particulièrement hypante, avec le retour de Lucia…

Rendez-vous en librairie début septembre 2026 pour le tome 15 (sur les 18 annoncés).

Par Milan MORALES

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Code EAN : 9782344060544

Vous avez apprécié cette chronique et désirez en savoir plus sur cette série ?
Vous pouvez retrouver ici nos précédentes chroniques :

– les tomes 1 & 2
– les tomes 3 & 4
– les tomes 5 & 6
– les tomes 7 & 8
– le tome 9
– le tome 10
– le tome 11
– le tome 12
– le tome 13

Rave Glénat Manga ✏️ Hiro Mashima à partir de 10 ans
 
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