En 1984, le père Guy Gilbert faisait parler de lui avec son livre Un Prêtre chez les loubards, un ouvrage qui avait vocation à défendre les jeunes en rupture de société. En 2024, pour le dessinateur Sylvain Vallée, ce serait plutôt « Un loubard chez les prêtres » le titre le mieux indiqué. Autre temps, autre mœurs, les loubards ont bien changé : violence, intimidation, usurpation d’identité, meurtres commandités, trafic de drogue… Dure réalité de notre époque ! Voici donc le contexte dans lequel l’auteur nous est revenu en mai dernier, depuis les voyages fantasmés et les récits mythomanes de Tananarive. Sylvain Vallée respecte donc la date annoncée dans le premier tome et nous confirme que ce second et dernier volet sortira bien en librairie le 4 octobre prochain.
Après une mission ratée, un tueur à gages récupère les habits de sa victime et n’a d’autre choix que de se réfugier dans une paroisse, celle de sa nouvelle affectation. Situation cocasse qui amène toute la mise en situation nécessaire pour attirer le lecteur et le tenir en haleine jusqu’à la dernière scène en apothéose : celle de la conquête féminine... forcément inappropriée dans ce contexte, mais qui achève très bien ce premier volet.
L’histoire, un poil compliquée, est forcément amorale. Elle empêche donc au lecteur, pour le moment, de trouver de la sympathie ou de l’attachement pour le personnage principal. Et ce, malgré des comportements bienveillants vis à vis des jeunes ! Mais le lecteur ne demande qu’à changer d’avis. Il n’attend donc que ce second volet pour arriver à cerner complètement le personnage, tout comme l’histoire restée (à ce jour et certainement volontairement) assez énigmatique.
Dargaud ne nous fera donc pas attendre très longtemps. On imagine que la parution du premier volet a été retardée au maximum pour fournir dans la même année, l’histoire complète. Probablement un choix judicieux pour éviter la sortie en un seule et même album, souvent plus cher mais aussi plus lourd et qui rend bien souvent la lecture inconfortable.
Côté dessin, Sylvain Vallée est fidèle à ce qu’il nous avait habitué depuis Katanga. On a plaisir à retrouver son sens de la narration et du découpage dynamique.
En attendant donc une clarification de l’histoire (pour une relecture complète des deux livres depuis le début), certaines scènes se révèlent vraiment jubilatoires, comme la renégociation de certains contrats par le "héros". D’autres sont moins probables : le premier prêche amateur du nouveau "curé-assassin" étant inévitable, on attendait un miracle pour le sauver. Non seulement il n’aura pas lieu mais l’absence de retombées suite à ce faux pas, laisse un peu dubitatif. La faible réaction des paroissiens n’est peut-être que temporaire ?
Mais qu’importe, nous attendons la fin avec impatience. Et comme à chaque fois, avec l’espoir de ne pas être déçus.... Mais c’est le risque à prendre quand on est auteur, ils le savent bien. Rendez-vous le 4 octobre !
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