Bon
28 avril 2025
Le récit débute en 2005. Lors d’une exposition de photos à Bruxelles, une femme mariée de la région de Bouillon retrouve son ami d’enfance devenu journaliste. Ils se remémorent leurs tendres années d’école durant lesquelles on leur enseignait l’histoire de Godefroid de Bouillon. Une version édulcorée sur laquelle se basaient leurs professeurs pour une représentation théâtrale toute à la gloire de celui qui mena la première croisade en 1096.
Tout en retraçant l’histoire du personnage historique, l’auteur décrit les retrouvailles du couple d’adultes qui n’a rien oublié de leur amourette et dont les sentiments l’un pour l’autre n’ont pas changé. En parallèle, des mises au point s’opèrent à propos des véritables raisons du départ en croisade (celles-ci sont davantage décrites dans un dossier en fin d’ouvrage signé par Claude Rappé). Il mentionne également l’utilisation tronquée d’un passé historique fictif, la création d’un mythe.
Le dessin de Jean-Claude Servais nous emmène au cœur de la ville de Bouillon, de son château et de sa région, offrant au lecteur de beaux panoramas. Les deux amants, se promenant dans Bruxelles, permettent également de retrouver certains lieux bien connus de la capitale comme la place Royale, la galerie de la Reine, le parc Royal ou encore la gare Centrale.
L’auteur raconte dans les grandes lignes le déroulement de la première croisade. Il ne s’agit pas d’une chronologie détaillée, militaire avec ses explications tactiques ou stratégiques. L’aspect historique ne constitue pas l’essentiel du récit, qui se concentre plus sur la manière dont les faits ont été transmis scolairement dans la ville de Bouillon et ont influencé la pensée des habitants (enfants et parents) sur le passé de leur région. La narration est bâtie autour d’une romance. Cette lecture est agréable, instructive et teintée de poésie. Elle pourrait toutefois être une déconvenue pour les lecteurs qui attendraient (vu le titre et la couverture) une reconstitution chronologique de la vie de Godefroid de Bouillon.
Par David SPORCQ
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