Bon
18 février 2026
Dans un Hollywood tout droit sorti d’une autre dimension, les monstres connus du cinéma arpentent, ici, les allées et banlieues, tout en commettant crimes et délits variés. Les crocs pointus et les griffes agissent dans l’ombre, une fois la nuit tombée.
Pour gérer les conséquences de ces désastres, on s’adresse à Freddie qui s’illustre brillamment quelle que soient la complexité de l’affaire. Tout dérape cependant pour lui lorsqu’il accepte, presque à contrecœur, le dossier de son ami et supérieur Isaac Schweik, concernant le décès du Croque-Mitaine, un pilier du studio hollywoodien, retrouvé inerte dans un sauna coréen.
L’affaire risque de faire grand bruit si elle est éventée grossièrement par les médias. Dès lors, c’est ce cher Freddie qui s’y frotte en mode catimini.
Garth Ennis nous revient une fois encore avec un album ultra-violent, aux dialogues clinquants dont lui seul a le secret. Dans un Los Angeles, où la Cité des Anges s’est vue remplacée par la Cité des Monstres : Dracula, le Loup-Garou et chaque créature mythique connue du 7e art, vivent réellement et partagent leur avidité avec les Humains.
À l’instar de leurs personnages interprétés au cinéma d’horreur, ces bougres se régalent dans la vraie vie autant que sur les pellicules qui les ont fait naître. Pire, ici, ils agissent sans la moindre censure, se vautrant dans toutes les bassesses. Mais à l’arrivée, qui de ces créatures ou de l’humain dégage la pire aura maléfique ?! C’est justement tout le challenge que met en place Garth Ennis et le basculement des codes classiques du polar fantastique.
Contrairement aux œuvres majeures de Garth Ennis, Freddie L’Arrangeur se lit plutôt en mode express avec sa petite quarantaine de pages au compteur.
D’un point de vue graphique, c’est l’excellent Mike Perkins qui s’y frotte, déjà à l’œuvre sur des séries phares telles que Swamp Thing Infinite ou Justice League : The Atom Project, dévoilant toute sa maîtrise à peindre un éventail de l’Enfer. Les monstres, pour le moins réussis, répondent à l’appel avec pour effet, des frissons au rendez-vous.
Dans son enquête palpitante, Freddie rencontrera même des dinosaures de la franchise Jurassic Park, plutôt coopératifs et sympathiques, en comparaison avec les divas sanguines de Dracula, prêtes à satisfaire leurs canines en dévorant à belles dents de l’humain.
Au final, on passe un agréable moment avec tout ce joli monde, avec finalement pour seul regret que l’album soit si expéditif. Les aficionados de Garth Ennis devraient s’y retrouver sans peine.
Par Marc VANDERMEER
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Freddie l’Arrangeur. Scénario : Garth Ennis. Dessin : Mike Perkins. Éditeur : Delcourt. 48 pages. Sortie : le 12 février 2026. Prix : 10,50 euros.
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